Parce qu’on en a plus Cassez de leur justice

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Un pataquès énorme autour de Florence Cassez.
Mais rien, absolument rien en ce qui concerne, par exemple, Philippe El Shennawy, qui croupit depuis près de quarante ans dans les geôles de ce pays donneur de leçons qui s’appelle la France… et qui doit attendre 2032 pour pouvoir en sortir ! Tout ça pour avoir commis quelques braquages de banque, et ce sans avoir jamais ni tué ni tenté de tuer quiconque !

Elle attend quoi, la bonne conscience politico-médiatique, pour s’indigner? Il attend quoi, môssieu le Président, pour le gracier ? Tous ces gens trouveraient-ils donc autrement plus enviable la peine qu’on lui inflige ?
On aime beaucoup s’attendrir pour des « innocents » du bout du monde, enfermé par je ne sais quel pays prétendument arriéré. On aime beaucoup faire la leçon aux pays qui pratiquent toujours la peine de mort. Cela permet de fermer les yeux sur notre propre saloperie. Comme si notre « justice » était exemplaire, comme si la peine de prison avait quelque chose de plus humain, de plus évoluée que la peine de mort ! 

Toujours la peine de prison est une peine de mort à retardement – sans doute la plus douloureuse et la plus cruelle qui soit. Toujours la prison détruit l’homme qu’elle soustrait à la liberté. Aucune prison quelle qu’elle soit ne peut avoir la prétention de rendre l’homme meilleur ; à moins de considérer que c’est précisément cette destruction qui le rend meilleur pour cette société (ce qui est tout à fait compréhensible, de son point de vue…).
Et qu’on ne vienne pas dire qu’il y aurait d’un côté une innocente et de l’autre un coupable. Il n’y a ni innocents ni coupables en prison, il n’y a que des gens qu’un ordre social inique a décrété comme « coupable ». Il faut refuser en bloc toute légitimité aux prétendus jugements rendus par cette prétendue justice. Il faut rejeter son point de vue particulier qu’elle nous somme de prendre pour loi naturelle. Accepter son point de vue, accepter son langage, c’est accepter l’ordre social qu’elle défend. Il ne saurait pour nous en être question. Ce qu’on appelle « justice » n’est que la légitimation et la continuation de la violence du pouvoir par les moyens du subterfuge et de l’usurpation. Dans ce monde renversé, la justice est exactement le contraire de ce qu’elle prétend être : l’injustice armée usurpatrice du noble nom de justice.
On ne voit pas très bien pourquoi nous devrions nous indigner de voleurs de rien ou de braqueurs de banque, et cautionner leur envoi en prison, alors que nous vivons sous un régime économique fondé précisément sur le vol. Sous régime capitaliste, on ne saurait gagner beaucoup d’argent sans l’avoir forcément volé à d’autres. Tout patron, petit ou grand, est un voleur. Tout banquier est un voleur. Toute entreprise capitaliste est forcément une entreprise de rapine. Toute banque est forcément et uniquement une entreprise de rapine.
On ne voit vraiment pas en quoi les agissements de Philippe El Shennawy, et de n’importe autre quel « voleur » décrété comme tel par cette charogne de « justice », seraient pire que les agissements de ceux qu’ils ne font jamais qu’imiter et qui ont, eux, la loi avec eux : les capitalistes, mais aussi les politiciens.
Quand des banquiers, avec la caution des politiciens, spéculent sur les matières premières en Afrique et que cela provoque des millions de morts, comme en 2007-2008, où est la « justice » ? Où sont ces misérables salopards toujours prêts à s’acharner sur tous les Philippe El Shennawy de France et du monde ? 
Quand des politiciens commanditent et cautionnent des détournements colossaux d’argent, des guerres, des pillages (voir ce qui se passe actuellement au Mali…) et des embargos et que cela provoque naturellement d’innombrables morts et souffrances, où sont donc ces justiciers hypocrites ?! 
Où sont-ils ? Bien cachés à l’abri de la Loi, bien sûr, qu’ils ont si bien appris à confondre avec le Bien – ce qui leur évite heureusement d’avoir à se poser à eux-mêmes ces questions fatigantes et fastidieuses de Bien et de Mal…
Les pires assassins et les plus grands voleurs ne risquent pas la moindre heure de geôle, mais cela ne saurait trop les tourmenter, ces esprits si bien conditionnés.  
C’est d’ailleurs bien le rôle du spectacle de la prétendue « justice » que de couvrir cette sinistre réalité. 
Il n’y a pas d’erreurs judiciaires. C’est leur justice toute entière qui est une erreur.

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