Hugo Chavez, de la race des incorruptibles

De la race des incorruptibles

Mais qu’avait-il donc de si insupportable ce Chavez pour mériter la haine de toutes ces médiocres raclures qui tiennent le haut du pavé ici et ailleurs ? 

Ils vous répondront que c’était un dictateur, bien sûr, quand bien même il n’était assurément pas plus autoritaire que n’importe quel dirigeant appelé à exercer un quelconque pouvoir, que n’importe lequel de ces dirigeants occidentaux présentés, eux, comme de parfaits démocrates. Qu’importe, qu’à la différence de ces derniers, il s’inclinait toujours devant le vote populaire et mis même en place des instruments posant les bases d’une démocratie réelle (ainsi le référendum d’initiative populaire). Qu’importe que les médias vénézuéliens étaient, loin d’être muselés, pratiquement tous violemment anti-chaviste. Qu’importe qu’il n’ait jamais interdit de partis d’opposition.
Qu’importe qu’il n’ait jamais ni enfermé ni torturé ni assassiné d’opposant. Qu’importe qu’il n’ait jamais, lui, envahit d’autres pays pour lui voler ses ressources. Qu’importe tout cela. Ce qu’ils ne peuvent accepter, tous ces misérables larbins, c’est que s’il pouvait être « autoritaire », c’était uniquement à l’endroit des puissants, à l’endroit de tous ceux qui se croient les maîtres naturels du monde. S’il était « autoritaire », c’était uniquement dans une optique révolutionnaire, afin d’appuyer la lutte du peuple vénézuélien pour sa libération des griffes du capitalisme, afin d’œuvrer à ce que chaque homme ait un véritable droit à l’existence. Voilà un « autoritarisme » évidemment mal placé pour tous ces adorateurs du monde comme il va, pour qui un prétendu démocrate se caractérise précisément par sa soumission à ce qui est, par son respect intransigeant de la liberté des forts à écraser les faibles. Dans notre monde renversé, la démocratie n’étant que le masque de la dictature capitaliste, il est inévitable que tout dirigeant refusant de se soumettre à la dictature naturel des forts soit présenté comme un dictateur.

Au fond, ce que l’on reprochait à Hugo Chavez, c’était d’être chrétien. D’être un chrétien authentique, un chrétien qui avait saisi la dimension subversive du message christique. Chavez était un chrétien qui ne se contentait pas de paroles et de prières, mais qui s’était résolu à agir et à inscrire sa vie toute entière dans la droite ligne de celle du Christ. Un chrétien qui ne supportait pas l’injustice et l’exploitation, qui rejetait l’égoïsme, qui méprisait l’argent et les richesses matérielles. Un chrétien qui aimait réellement son prochain et qui s’était juré d’œuvrer jusqu’au sacrifice de sa vie pour le bien d’autrui. Un chrétien qui se voulait insupportable au mal, insupportable à toutes les oppressions. Un chrétien qui n’ambitionnait pas d’autre dictature que celle de l’exemple.


Chavez était de la race de ces incorruptibles, de tous ces hommes et femmes qui ne se prosternent pas devant le vrai tyran de ce monde : l’Argent – et sur lesquels aucune puissance ne peut dès lors avoir prise.


Il n’avait assurément rien à voir avec toutes ces pourritures prétendument « socialistes » qui, ici, se complaisent dans leur petit confort égoïste et n’aspirent qu’à se faire toujours plus de fric.

On n’insistera jamais assez sur le fait que Chavez était et se revendiquait pauvre. Chavez voyait dans la pauvreté – entendue non comme le manque du nécessaire (ce qu’est la misère) mais comme le rejet du superficiel – la clé de toute véritable libération. Chavez avait bien compris qu’on ne pouvait sortir du capitalisme et de ses horreurs qu’en sortant avant toute chose du mensonge consumériste qui le nourrit et qui veut nous faire croire que le bonheur passe par l’accumulation sans fin de biens matériels. Ainsi méprisait-il la richesse tout autant qu’il combattait la misère, qui sont pour lui deux manières d’être aliénés. A l’inverse de tant d’anticapitalistes pour rire qui n’ont que « pouvoir d’achat » et « croissance » à la bouche, Chavez était lui un anticapitaliste conséquent. 

 
« J’ai toujours été un va-nu-pieds, et je mourrai va-nu-pieds. Je ne veux aucune richesse, je ne veux rien. Rien ! »

« Moi, par exemple, je ne suis pas venu ici pour faire des affaires, non. J’appartiens à la classe des pauvres. Et lorsque je sortirai d’ici, avec la faveur de Dieu, pareil : je ne veux aucun type de richesse matérielle. Je ne suis pas venu faire des affaires et celui qui m’approche pour faire des affaires je le renvoie très loin, car les hommes politiques, nous ne sommes pas là pour faire des affaires, nous sommes là pour faire de la politique véritable en fonction de l’intérêt collectif, en fonction des besoins de notre peuple, c’est pour cela que nous sommes des hommes politiques. »

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