La prison et le mensonge de notre innocence

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« La prison joue un rôle décisif pour produire des effets d’altérité entre l’homme ordinaire et le criminel. (…) En séparant violemment un monde ouvert d’un sous-monde enfermé, [la prison] produit la fausse évidence d’une différence essentielle entre deux espèces humaines – celle des gens honnêtes et vertueux (qui ne connaissent pas la prison) et celle des criminels (que circonscrit, marque et définit leur appartenance au monde pénitentiaire). »

« Nous sommes portés à éterniser ce rite de partage par lequel nous nous séparons violemment et symboliquement de notre propre part sauvage, en projetant dans l’espace pénitentiaire cet autre, ce truchement, ce double – le criminel. (…) [Il] rend vitale la perpétuation de la prison, afin que s’éternise le mensonge de notre innocence en tant que civilisés et pacifiés »

Alain Brossat, Pour en finir avec la prison, 2001

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