Un véritable système éducatif selon Ivan Illich

Image

« S’instruire, enseigner appartiennent à des hommes qui savent qu’ils sont nés libres et qu’ils n’ont pas pour acquérir cette liberté à avoir recours à un traitement approprié. Quand apprenons-nous généralement ? Quand nous faisons ce qui nous intéresse. Ne sommes-nous pas, la plupart d’entre nous, curieux ? Nous voulons comprendre, donner un sens à ce qui se trouve face à nous, à ce à quoi nous avons affaire. Ne sommes-nous pas capables d’un rapport personnel avec autrui, à moins que nous soyons abêtis par un travail inhumain ou fascinés par l’idéal scolaire ? »

« Pour qu’un homme puisse grandir, ce dont il a besoin c’est du libre accès aux choses, aux lieux, aux méthodes, aux événements, aux documents. Il a besoin de voir, de toucher, de manipuler, je dirais volontiers de saisir tout ce qui l’entoure dans un milieu qui ne soit pas dépourvu de sens. Cet accès lui est aujourd’hui refusé. Lorsque le savoir devint un produit, il acquiert les protections accordées à la propriété privée. »

« Le but qu’il faut poursuivre, qui est réalisable, c’est d’assurer à tous des possibilités éducatives égales. Confondre cet objectif et la scolarité obligatoire, c’est confondre le Salut et l’Eglise. »

« Un véritable système éducatif devrait se proposer trois objectifs. A tous ceux qui veulent apprendre, il faut donner accès aux ressources existantes, et ce à n’importe quelle époque de leur existence. Il faut ensuite que ceux qui désirent partager leurs connaissances puissent rencontrer toute autre personne qui souhaite les acquérir. Enfin, il s’agit de permettre aux porteurs d’idées nouvelles, à ceux qui veulent affronter l’opinion publique, de se faire entendre. Un tel système supposerait l’existence de garanties constitutionnelles accordées à l’éducation. »

« C’est la liberté universelle de parole, de réunion, d’information, qui a vertu éducative. »

« la révolution éducative [doit être] guidée par certains principes :

1) libérer l’accès aux choses en abolissant le contrôle que des personnes privées et les institutions exercent sur leur valeur éducative.

2) libérer le partage des compétences en garantissant le droit d’enseigner celles-ci ou de les démontrer à la demande.

3) libérer les ressources créatrices et critiques des êtres humains en redonnant à la personne le pouvoir d’appeler à des réunions ou à les tenir (…)

4) libérer l’individu de l’obligation de modeler ses espérances conformément aux services que peuvent lui offrir les professions établies (en lui permettant de disposer de l’aide de ses pairs, de profiter de leur expérience et de se confier à l’enseignant, au guide, au conseiller, au guérisseur de son choix. »

Ivan Illich, Une société sans école

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s