Syrie : protéger les civils, qu’ils disent…

Les mêmes ignobles salopards qui ont perpétré l’assassinat d’un demi-million d’enfants irakiens dans les années 90 par l’intermédiaire d’un impitoyable embargo, les mêmes génocidaires assermentés qui ont causé la mort de plus d’un million de civils irakiens il y a quelques années des suites de leur foutu guerre pour le pétrole, les mêmes barbares qui dans les années 80 ont soutenu Saddam Hussein dans ses attaques chimiques contre l’Iran, les mêmes criminels de guerre qui applaudissent le gouvernement israélien quand il largue à échéance régulière des bombes au phosphore blanc et à l’uranium enrichi sur Gaza et la Cisjordanie * – les mêmes viennent aujourd’hui nous expliquer, avec la dernière indignation, qu’il faut intervenir militairement en Syrie pour protéger les civils et punir Assad pour de prétendus usages d’armes chimiques !

Protéger les civils et faire la leçon à Assad !
Trop fort ! Quel culot ! Chapeau les artistes !
Et on va les croire bien sûr. Et on va encore leur reconnaître une crédibilité, une autorité morale qu’ils n’ont pas et qu’ils leur donneraient le droit à jouer les justiciers sans frontières. On trouvera toujours assez d’imbéciles pour croire sur parole aux « armes chimiques » d’Assad comme il y a dix ans aux « armes de destruction massive » de Saddam Hussein. On trouvera toujours assez d’imbéciles pour croire que les Etats-Unis et leurs Etats larbins peuvent déclencher des guerres pour le bien des peuples, pour de grands et beaux motifs.
Bien entendu, on les protégera les civils syriens… en en tuant quelques dizaines de milliers avec nos jolies bombes humanistes et démocratiques – comme en Libye il y a deux ans.
Mais comment pouvons-nous encore être dupes ! Mais comment pouvons-nous encore être si nombreux à faire confiance aux gouvernements américains et assimilés pour protéger des vies humaines, attitude qui n’est pourtant pas bien différente de celle qui consisterait à confier ses enfants à Marc Dutroux pour les protéger des pédocriminels !

allbright irak
Il n’y a pas de guerres humanitaires. Il n’y a jamais eu de guerre déclenchée pour la démocratie et les droits de l’homme. Il n’y a de guerres que pour le pognon et la puissance. Il n’y a aucune guerre qui n’ait pas servi d’abord des intérêts bassement matériels.
On se moque bien des agissements des « dictateurs », on se moque bien des régimes qui oppressent, humilient et massacrent leur peuple tant qu’ils sont à genoux devant nous, gentilles nations « démocratiques », tant qu’ils nous sont utiles – tant, par exemple, qu’ils nous vendent pas trop cher, voire nous laissent carrément leur confisquer sans broncher leur pétrole, leur gaz leur uranium et autres ressources stratégiques.
Tous les « dictateurs » renversés ces dernières années ne l’ont été que parce qu’ils n’étaient pas assez conciliants avec nous. On se foutait bien de ce que pouvaient faire Kadhafi ou Saddam Hussein tant qu’ils nous servaient bien la soupe… On n’hésitait même pas à les aider à opprimer et à massacrer ! Confirmation a été faite récemment qu’en 1988, les Etats-Unis ont été aidé Saddam Hussein à commettre des attaques chimiques contre les troupes iraniennes… Quant à Kadhafi, la France lui mettait encore à sa disposition, en 2010, toute sa technologie fabuleuse pour qu’il puisse traquer efficacement ses opposants…
Mais dès que ces « dictateurs » ne sont plus conciliants, dès qu’ils se veulent un peu trop indépendants, alors là tout est bon pour les transformer en petits Hitler : on leur impute des crimes qu’ils n’ont pas commis, on leur attribue des menaces qu’ils n’ont jamais proférés…Tout est bon pour légitimer leur renversement, au nom des bien pratiques « droits de l’homme ».
Ce n’est évidemment pas parce qu’il serait un affreux dictateur qu’on veut aujourd’hui la tête d’Assad et de son régime… Toutes ces histoires de massacres, dont on fait Assad l’unique responsable – sans égard bien sûr pour les agissements monstrueux avérés des « rebelles » que nous soutenons et armons depuis deux ans, et dont il n’est pas exclu qu’ils soient les auteurs des fameuses attaques chimiques dont il est question ces jours-ci – ne sont qu’un prétexte pour lui faire la peau. Le régime d’Assad a en effet le tort de constituer encore un petit élément de résistance aux volontés hégémoniques des Etats-Unis ; le tort de vouloir garder la haute main sur un pays qui constitue un point hautement stratégique dans le transit du gaz et du pétrole de toute la région – un crime bien plus impardonnable que de gazer des gens dont nous n’avons que faire…
Pour l’Empire américain, le monde se partage entre nations soumises et nations insoumises. Les premiers ont le droit et sont innocents de tout, les autres sont coupables par avance des pires crimes. L’Arabie Saoudite a beau être une des pires et des plus archaïques dictatures de la planète, leur régime bénéficie de toutes les prévenances eu égard à l’accès privilégié qu’elle nous concède à son pétrole, au contraire, par exemple, du régime vénézuélien qui refuse toute confiscation de son pétrole et préfère en tirer des revenus suffisants pour combattre la misère chez lui et qui subit donc en permanence tous les procès possibles et imaginables en « autoritarisme », en « atteinte aux droits de l’homme »… Lors du « printemps arabe », pendant que l’on dénonçait avec acharnement l’attitude de la Libye et de la Syrie face à ses insurgés – jusqu’à leur imputer des crimes qu’ils n’avaient pas commis et qui allaient servir de prétexte à ce que l’on sait -, on laissait l’Arabie Saoudite et le Bahreïn réprimer en toute impunité les leurs… Deux poids, deux mesures.
Assad n’est sûrement pas un saint, et son régime ne mérite pas d’être soutenu en particulier… Mais on pourrait difficilement lui faire davantage de reproches qu’à toutes ces crapules occidentales qui commettent et légitiment les pires atrocités au nom de la « démocratie » tout en prétendant faire la justice et donner des leçons de morale à toute la planète !
Assad ou le salaud bien commode qui permet d’occulter toutes nos saloperies passées et à venir…

* Et l’on ne parle même pas de crimes plus anciens, tel que l’usage du dit agent orange au Vietnam, dans les années 60 et 70, qui a tué plus de 400 000 personnes, provoqué des malformations chez plus de 500 000 nouveaux nés, et qui tue encore aujourd’hui.
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