Pour comprendre et combattre efficacement le libéralisme (Jean-Claude Michéa)

Entretien accordé en 2013 par le philosophe Jean-Claude Michéa.

Thèmes évoqués : les origines et les fondements du libéralisme, la notion de « décence commune », les incohérences de la gauche actuelle, l’idéologie de la croissance.

Le philosophe, qui se revendique socialiste, s’est attaché tout au long de son œuvre à produire une critique radicale et cohérente du libéralisme propre à dégager les conditions d’une véritable révolution. Considérant que le libéralisme culturel et le libéralisme économique sont en réalité les deux faces d’une même médaille - un système qui n’accepte plus de limites, qui ne tolère d’autres lois que celle de l’argent et fait du monde l’enfer que l’on connaît – il estime que l’avènement d’une société réellement humaine et socialiste ne pourra s’engager qu’en s’appuyant sur – et en valorisant – ce qu’Orwell appelait la « décence ordinaire » – ce sens moral et ces vertus altruistes élémentaires que l’on retrouve encore essentiellement dans les classes populaires.

Pour Jean-Claude Michéa, il faut «comprendre que le capitalisme se présente désormais comme un fait social total » Dès lors, « si cette « gauche de la gauche » ne réussit pas très vite (c’est-à-dire avant qu’il ne soit trop tard) à se dépêtrer, une fois pour toutes, de ce libéralisme culturel « mitterrandien » qui colle encore à la plupart de ses analyses (si, par exemple, elle s’obstine à ne voir dans le capitalisme qu’un pur et simple système économique conduisant à répartir de façon inégalitaire la richesses collectivement produite – mais qui n’aurait rien à voir, en tant que tel, avec le culte de la croissance illimitée, l’aliénation des consommateurs, la « mobilité » géographique et professionnelle incessante, la destruction méthodique des villes et des campagnes, l’abrutissement médiatique généralisé ou encore la transgression morale et culturelle permanente) elle se condamnera toujours à faire rentrer en fanfare par la fenêtre le système qu’elle aura vainement cherché à faire sortir par la porte. » (J-C Michéa, Les Mystères de la gauche)

On pourra lire aussi, à propos de J-C Michéa et de sa défense de la « décence ordinaire », cet article écrit par Max Leroy sur Ragemag.fr

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Une réflexion sur “Pour comprendre et combattre efficacement le libéralisme (Jean-Claude Michéa)

  1. Cela fait toujours du bien d’entendre ou de lire JC Michéa.
    Cependant, je suis pour le moins déçu de le voir reprendre sans le moindre cul les arguments et exemples concernant l’obsolescence programmée. J’avais vu le fameux documentaire d’Arte (« prêt à jeter ») qui traitait de ce sujet, à charge, et j’en étais sorti convaincu. Puis j’ai lu des critiques pertinentes (la meilleure étant celle d’Alexandre Delaigue,http://econoclaste.org.free.fr/econoclaste/?p=7583), dont je ne partage pas les idées mais qui explique que le souci ne vient pas (ou très peu) d’un comportement délibéré des fabricants sabotant leurs propres produits (comportement économiquement suicidaire), mais bien plutôt (même si cela n’est pas forcément posé de façon claire dans son billet) d’un modèle de consommation. Obsolescence programmée peut-être, mais par les consommateurs manipulés par le matérialisme et la publicité, et non par les fabricants. Voir Serge Latouche reprendre sans broncher les arguments/exemples du docu d’Arte dans un livre, et Michéa également, me laisse déçu, même si ce dernier a l’excuse de ne pas être économiste.

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