Les révolutions du passé promettaient une vie nouvelle, les insurrections contemporaines en livrent les clefs (Comité invisible)

Tunisie riots« Nous ne sommes pas contemporains de révoltes éparses, mais d’une unique vague mondiale de soulèvements qui communiquent entre eux imperceptiblement. D’une universelle soif de se retrouver que seule explique l’universelle séparation. D’une haine générale de la police qui dit le refus lucide de l’atomisation générale que celle-ci supervise. (…)

S’il est bien évident que les puissants complotent pour préserver et étendre leurs positions, il est non moins certain que partout cela conspire – dans les halls d’immeubles, à la machine à café, à l’arrière des kebabs, dans les soirées, dans les amours, dans les prisons. Et tous ces liens, toutes ces conversations, toutes ces amitiés tissent par capillarité, à l’échelle mondiale, un parti historique à l’œuvre – « notre parti », comme disait Marx. Il y a bien, face à la conspiration objective de l’ordre des choses, une conspiration diffuse à laquelle nous appartenons de fait. Mais la plus grande confusion règne en son sein. Partout notre parti se heurte à son propre héritage idéologique ; il se prend les pieds dans tout un canevas de traditions révolutionnaires défaites et défuntes, mais qui exigent le respect. Or l’intelligence stratégique vient du cœur et non du cerveau, et le tort de l’idéologie est précisément de faire écran entre la pensée et le cœur. En d’autres termes : il nous faut forcer la porte de là où nous sommes déjà. Le seul parti à construire est celui qui est déjà là. Il nous faut nous débarrasser de tout le fatras mental qui fait obstacle à la claire saisie de notre commune situation, de notre « commune terrestritude », selon l’expression de Gramsci. Notre héritage n’est précédé d’aucun testament.

Comme tout slogan publicitaire, le mot d’ordre « Nous sommes les 99% » tient son efficacité non de ce qu’il dit, mais de ce qu’il ne dit pas. Ce qu’il ne dit pas, c’est l’identité des 1% de puissants. Ce qui caractérise les 1%, ce n’est pas qu’ils sont riches (…) c’est qu’ils sont organisés. Ils s’organisent même pour organiser la vie des autres. La vérité de ce slogan est bien cruelle, et c’est que le nombre n’y fait rien : on peut être 99% et parfaitement dominés. À l’inverse, les pillages collectifs de Tottenham démontrent suffisamment que l’on cesse d’être pauvre dès que l’on commence à s’organiser. Il y a une différence considérable entre une masse de pauvres et une masse de pauvres déterminés à agir ensemble.

S’organiser n’a jamais voulu dire s’affilier à la même organisation. S’organiser, c’est agir d’après une perception commune, à quelque niveau que ce soit. Or ce qui fait défaut à la situation, ce n’est pas la « colère des gens » ou la disette, ce n’est pas la bonne volonté des militants ni la diffusion de la conscience critique, ni même la multiplication du geste anarchiste. Ce qui nous manque, c’est une perception partagée de la situation. Sans ce liant, les gestes s’effacent sans trace dans le néant, les vies ont la texture des songes et les soulèvements finissent dans les livres d’école.

La profusion quotidienne d’informations, pour les unes alarmantes pour les autres simplement scandaleuses, façonne notre appréhension d’un monde globalement inintelligible. Son allure chaotique est le brouillard de la guerre derrière quoi il se rend inattaquable. C’est par son aspect ingouvernable qu’il est réellement gouvernable. Là est la ruse. En adoptant la gestion de crise comme technique de gouvernement, le capital n’a pas simplement substitué au culte du progrès le chantage à la catastrophe, il a voulu se réserver l’intelligence stratégique du présent, la vue d’ensemble sur les opérations en cours. C’est ce qu’il importe de lui disputer. Il s’agit, en matière de stratégie, de nous redonner deux coups d’avance sur la gouvernance globale. Il n’y a pas une « crise » dont il faudrait sortir, il y a une guerre qu’il nous faut gagner. Une intelligence partagée de la situation ne peut naître d’un seul texte, mais d’un débat international. »

La catastrophe est d’abord existentielle, affective, métaphysique

« [Cela] fait un siècle que le diagnostic clinique de la fin de la civilisation occidentale est établi, et contresigné par les événements. Disserter là-dessus n’est depuis lors qu’une façon de s’en distraire. Mais c’est surtout une façon de se distraire de la catastrophe qui est là, et depuis bien longtemps, de la catastrophe que nous sommes, de la catastrophe qu’est l’Occident. Cette catastrophe est d’abord existentielle, affective, métaphysique. Elle réside dans l’incroyable étrangeté au monde de l’homme occidental, celle qui exige par exemple qu’il se fasse maître et possesseur de la nature – on ne cherche à dominer que ce que l’on redoute. Ce n’est pas pour rien qu’il a mis tant d’écrans entre lui et le monde. En se retranchant de l’existant, l’homme occidental en a fait cette étendue désolée, ce néant morne, hostile, mécanique, absurde, qu’il doit sans cesse bouleverser par son travail, par un activisme cancéreux, par une hystérique agitation de surface. Rejeté sans trêve de l’euphorie à l’hébétude et de l’hébétude à l’euphorie, il tente de remédier à son absence au monde par toute une accumulation d’expertises, de prothèses, de relations, par toute une quincaillerie technologique finalement décevante. Il est de plus en plus visiblement cet existentialiste suréquipé, qui n’a de cesse de tout ingénier, de tout recréer, ne pouvant souffrir une réalité qui, de toutes parts, le dépasse. (…)

Le mensonge de toute l’apocalyptique occidentale consiste à projeter sur le monde le deuil que nous ne pouvons en faire. Ce n’est pas le monde qui est perdu, c’est nous qui avons perdu le monde et le perdons incessamment ; ce n’est pas lui qui va bientôt finir, c’est nous qui sommes finis, amputés, retranchés, nous qui refusons hallucinatoirement le contact vital avec le réel. La crise n’est pas économique, écologique ou politique, la crise est avant tout celle de la présence. À tel point que le must de la marchandise – l’iPhone et le Hummer, typiquement – consiste dans un appareillage sophistiqué de l’absence. (…)

Le désastre objectif nous sert d’abord à masquer une autre dévastation, plus évidente et plus massive encore. L’épuisement des ressources naturelles est probablement bien moins avancé que l’épuisement des ressources subjectives, des ressources vitales qui frappe nos contemporains. Si l’on se plaît tant à détailler le ravage de l’environnement, c’est aussi pour voiler l’effarante ruine des intériorités. Chaque marée noire, chaque plaine stérile, chaque extinction d’espèce est une image de nos âmes en lambeaux, un reflet de notre absence au monde, de notre impuissance intime à l’habiter. (…)

Repenser une idée de la révolution à même de faire brèche dans le cours du désastre, c’est donc, pour commencer, la purger de tout ce qu’elle a contenu jusqu’ici d’apocalyptique. C’est voir que l’eschatologie marxiste ne diffère que par là de l’aspiration impériale fondatrice des États-Unis d’Amérique (…) Socialistes, libéraux, saint-simoniens, Russes et Américains de la Guerre froide, tous ont toujours exprimé la même aspiration neurasthénique à l’établissement d’une ère de paix et d’abondance stérile où plus rien ne serait à craindre, où les contradictions seraient enfin résolues, et le négatif résorbé. Établir par la science et l’industrie une société prospère, intégralement automatisée et finalement apaisée. Quelque chose comme un paradis terrestre organisé sur le modèle de l’hôpital psychiatrique ou du sanatorium. Un idéal qui ne peut venir que d’êtres profondément malades, et qui n’aspirent même plus à la rémission. (…)

Toute l’originalité et tout le scandale du marxisme fut de prétendre que pour accéder au millenium, il fallait en passer par l’apocalypse économique, quand les autres la jugeaient superflue. Nous n’attendrons ni le millenium ni l’apocalypse. Il n’y aura jamais de paix sur la terre. Abandonner l’idée de paix est la seule paix véritable. Face à la catastrophe occidentale, la gauche adopte généralement la position de lamentation, de dénonciation et donc d’impuissance qui la rend haïssable aux yeux mêmes de ceux qu’elle prétend défendre. L’état d’exception dans lequel nous vivons n’est pas à dénoncer, il est à retourner contre le pouvoir lui-même. »

Ce qui en est en jeu dans les insurrections contemporaines

« Ce n’est pas « le peuple » qui produit le soulèvement, c’est le soulèvement qui produit son peuple, en suscitant l’expérience et l’intelligence communes, le tissu humain et le langage de la vie réelle qui avaient disparu. Les révolutions du passé promettaient une vie nouvelle, les insurrections contemporaines en livrent les clefs. Les virages d’ultras du Caire n’étaient pas des groupes révolutionnaires avant la « révolution», c’étaient seulement des bandes capables de s’organiser pour s’affronter avec la police ; c’est d’avoir tenu un rôle aussi éminent lors de la « révolution » qu’ils se sont trouvés forcés de se poser, en situation, les questions habituellement dévolues aux « révolutionnaires ». Là réside l’événement : non dans le phénomène médiatique que l’on a forgé pour vampiriser la révolte par sa célébration extérieure, mais dans les rencontres qui s’y sont effectivement produites. Voilà qui est bien moins spectaculaire que « le mouvement » ou « la révolution », mais plus décisif. Nul ne saurait dire ce que peut une rencontre.

C’est ainsi que les insurrections se prolongent, moléculairement, imperceptiblement, dans la vie des quartiers, des collectifs, des squats, des « centres sociaux », des êtres singuliers, au Brésil comme en Espagne, au Chili comme en Grèce. Non parce qu’elles mettent en œuvre un programme politique, mais parce qu’elles mettent en branle des devenirs-révolutionnaires. Parce que ce qui y a été vécu brille d’un éclat tel que ceux qui en ont fait l’expérience se doivent d’y être fidèles, de ne pas se séparer, de construire cela même qui, désormais, fait défaut à leur vie d’avant. Si le mouvement espagnol d’occupation des places, une fois disparu de l’écran-radar médiatique, ne s’était pas poursuivi par tout un processus de mises en commun et d’auto-organisation dans les quartiers de Barcelone et d’ailleurs, la tentative de destruction du squat de Can Vies en juin 2014 n’aurait pas été mise en échec par trois jours d’émeute de tout le faubourg de Sants, et l’on n’aurait pas vu toute une ville participer d’un seul mouvement à la reconstruction du lieu attaqué. Il y aurait juste eu quelques squatters protestant dans l’indifférence contre une énième expulsion. Ce qui se construit ici, ce n’est ni la « nouvelle société » à son stade embryonnaire, ni l’organisation qui renversera finalement le pouvoir pour en constituer un nouveau, c’est la puissance collective qui, par sa consistance et son intelligence, voue le pouvoir à l’impuissance, déjouant tour à tour chacune de ses manœuvres.

Les révolutionnaires sont bien souvent ceux que les révolutions prennent le plus au dépourvu. Mais il y a, dans les insurrections contemporaines, quelque chose qui les désarçonne particulièrement : elles ne partent plus d’idéologies politiques, mais de vérités éthiques. Voilà deux mots dont le rapprochement sonne à tout esprit moderne comme un oxymore. Établir ce qui est vrai est le rôle de la science, n’est-ce pas ?, qui n’a que faire de nos normes morales et autres valeurs contingentes. Pour les modernes, il y a le Monde d’un côté, eux de l’autre, et le langage pour enjamber le gouffre. Une vérité, nous a-t-on appris, c’est un pont solide au-dessus de l’abîme – un énoncé qui décrit adéquatement le Monde. Nous avons opportunément oublié le lent apprentissage au cours duquel nous avons acquis, avec le langage, tout un rapport au monde. Le langage, loin de servir à décrire le monde, nous aide plutôt à en construire un. Les vérités éthiques ne sont ainsi pas des vérités sur le Monde, mais les vérités à partir de quoi nous y demeurons. Ce sont des vérités, des affirmations, énoncées ou silencieuses, qui s’éprouvent mais ne se prouvent pas. Le regard taiseux planté, poings serrés, dans les yeux du petit chef et qui le dévisage pendant une longue minute en est une, et vaut bien le tonitruant « on a toujours raison de se révolter ». Ce sont des vérités qui nous lient, à nous-mêmes, à ce qui nous entoure et les uns aux autres. Elles nous introduisent à une vie d’emblée commune, à une existence inséparée, sans égard pour les parois illusoires de notre Moi. Si les terriens sont prêts à risquer leur vie pour qu’une place ne soit pas transformée en parking comme à Gamonal en Espagne, qu’un parc ne devienne pas un centre commercial comme à Gezi en Turquie, que des bocages ne deviennent pas un aéroport comme à Notre-Dame-des-Landes, c’est bien que ce que nous aimons, ce à quoi nous sommes attachés – êtres, lieux ou idées – fait aussi bien partie de nous, que nous ne nous réduisons pas à un Moi logeant le temps d’une vie dans un corps physique borné par sa peau, le tout agrémenté de l’ensemble des propriétés qu’il croit détenir. Lorsque le monde est touché, c’est nous-mêmes qui sommes attaqués.

Paradoxalement, même là où une vérité éthique s’énonce comme un refus, le fait de dire « Non ! » nous met de plain-pied dans l’existence. Non moins paradoxalement, l’individu s’y découvre comme si peu individuel qu’il suffit parfois qu’un seul se suicide pour faire voler en éclats tout l’édifice du mensonge social. Le geste de Mohamed Bouazizi s’immolant devant la préfecture de Sidi Bouzid en atteste suffisamment. Sa puissance de conflagration tient à l’affirmation brisante qu’il renferme. Il dit : « La vie qui nous est faite ne mérite pas d’être vécue », « Nous ne sommes pas nés pour nous laisser ainsi humilier par la police », « Vous pouvez nous réduire à n’être rien, vous ne nous enlèverez jamais la part de souveraineté qui appartient aux vivants » ou encore « Voyez comme nous, nous les infimes, nous les à peine existants, nous les humiliés, sommes au-delà des misérables moyens par quoi vous conservez fanatiquement votre pouvoir d’infirmes ». C’est cela qui fut distinctement entendu dans ce geste. (…)

Le contenu véritable d’Occupy Wall Street n’était pas la revendication, collée a posteriori sur le mouvement comme un post-it sur un hippopotame, de meilleurs salaires, de logements décents ou d’une sécurité sociale plus généreuse, mais le dégoût pour la vie qu’on nous fait vivre. Le dégoût pour une vie où nous sommes tous seuls, seuls face à la nécessité, pour chacun, de gagner sa vie, de se loger, de se nourrir, de s’épanouir ou de se soigner. Dégoût pour la forme de vie misérable de l’individu métropolitain – défiance scrupuleuse / scepticisme raffiné, smart / amours de surface, éphémères / sexualisation éperdue, en conséquence, de toute rencontre / puis retour périodique à une séparation confortable et désespérée / distraction permanente, donc ignorance de soi, donc peur de soi, donc peur de l’autre. La vie commune qui s’esquissait à Zuccotti Park, en tente, dans le froid, sous la pluie, cernés par la police dans le square le plus sinistre de Manhattan, n’était certes pas la vita nova toute déployée, juste le point d’où la tristesse de l’existence métropolitaine commence à devenir flagrante. On se saisissait enfin ensemble de notre commune condition, de notre égale réduction au rang d’entrepreneur de soi. Ce bouleversement existentiel fut le cœur pulsant d’Occupy Wall Street, tant qu’Occupy Wall Street était frais et vivace.

Ce qui est en jeu dans les insurrections contemporaines, c’est la question de savoir ce qu’est une forme désirable de la vie, et non la nature des institutions qui la surplombent. Mais le reconnaître impliquerait immédiatement de reconnaître la nullité éthique de l’Occident. Et puis cela interdirait de mettre la victoire de tel ou tel parti islamique à la suite de tel ou tel soulèvement sur le compte de la supposée arriération mentale des populations. Il faudrait au contraire admettre que la force des islamistes réside justement dans le fait que leur idéologie politique se présente d’abord comme un système de prescriptions éthiques. Autrement dit, s’ils réussissent mieux que les autres politiciens, c’est justement parce qu’ils ne se placent pas centralement sur le terrain de la politique. On pourra alors cesser de pleurnicher ou de crier au loup chaque fois qu’un adolescent sincère préfère rallier les rangs des « djihadistes » plutôt que la cohorte suicidaire des salariés du tertiaire. Et l’on acceptera en adultes de découvrir la gueule que nous avons dans ce miroir peu flatteur. (…)

A_nos_amisL’importance du thème de la corruption régnante dans à peu près toutes les révoltes contemporaines atteste de ce qu’elles sont éthiques avant que d’être politiques, ou qu’elles sont politiques précisément en ce qu’elles méprisent la politique, y compris la politique radicale. Tant qu’être de gauche voudra dire : dénier l’existence de vérités éthiques, et substituer à cette infirmité une morale aussi faible qu’opportune, les fascistes pourront continuer à passer pour la seule force politique affirmative, étant les seuls à ne pas s’excuser de vivre comme ils vivent. Ils iront de succès en succès, et continueront de détourner contre elles-mêmes l’énergie des révoltes naissantes.

Peut-être tenons-nous là aussi la raison de l’échec, sans cela incompréhensible, de tous les « mouvements contre l’austérité » qui, alors qu’ils devraient dans les conditions actuelles embraser la plaine, en restent en Europe à leur dixième lancement poussif. C’est que la question de l’austérité n’est pas posée sur le terrain où elle se situe véritablement : celui d’un brutal désaccord éthique, d’un désaccord sur ce que c’est que vivre, que vivre bien. (…) Ce qui se passe actuellement, ce n’est pas juste que certains veulent imposer à d’autres une austérité économique dont ceux-ci ne veulent pas. C’est que certains considèrent que l’austérité est, dans l’absolu, une bonne chose, tandis que les autres considèrent, sans vraiment oser le dire, que l’austérité est, dans l’absolu, une misère. Se borner à lutter contre les plans d’austérité, c’est non seulement ajouter au malentendu, mais de surcroît être assuré de perdre, en admettant implicitement une idée de la vie qui ne vous convient pas. Il ne faut pas chercher ailleurs le peu d’entrain des « gens » à se lancer dans une bataille perdue d’avance. Ce qu’il faut, c’est plutôt assumer le véritable enjeu du conflit : une certaine idée protestante du bonheur – être travailleur, économe, sobre, honnête, diligent, tempérant, modeste, discret – veut s’imposer partout en Europe. Ce qu’il faut opposer aux plans d’austérité, c’est une autre idée de la vie, qui consiste, par exemple, à partager plutôt qu’à économiser, à converser plutôt qu’à ne souffler mot, à se battre plutôt qu’à subir, à célébrer nos victoires plutôt qu’à s’en défendre, à entrer en contact plutôt qu’à rester sur sa réserve. On ne mesure pas la force qu’a donnée aux mouvements indigènes du sous-continent américain le fait d’assumer le buen vivir comme affirmation politique. D’un côté, cela trace un contour net de ce pour quoi et de ce contre quoi on lutte ; de l’autre, cela ouvre à la découverte sereine des mille autres façons dont on peut entendre la « vie bonne », façons qui pour être différentes n’en sont pas pour autant ennemies, du moins pas nécessairement.»

Comité invisible, A nos amis, 2014

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Une réflexion sur “Les révolutions du passé promettaient une vie nouvelle, les insurrections contemporaines en livrent les clefs (Comité invisible)

  1. Intéressant. Merci de cette publication. Le retour à la vie bonne aujourd’hui doit sans doute composer avec les prescriptions éthiques du passé proche, disons pour notre continent la Renaissance, dont la Réforme — les jolis noms ambitieux — depuis Montaigne, La Boëtie, et tant d’autres encore, dont nos géographes humanistes philosophes contemporains, mais composer aussi avec les must de la marchandise. Que seraient nos échanges, notre ouverture sur le monde vers ces idées et ces chantiers à bâtir, nos révoltes, sans les réseaux, les téléphones « intelligents » et autres tablettes et ordinateurs ? Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, cultivons notre libre arbitre, notre esprit critique et discutons de notre éthique de la vie bonne autour de nous !

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