La vraie violence, c’est celle du capitalisme et du profit-roi


La violence, ce n’est pas d’arracher une chemise à un directeur des « ressources humaines »… La violence, c’est de licencier des milliers de personnes juste pour faire du pognon, avec toutes les conséquences terribles que cela peut avoir pour ces derniers dans une société comme la nôtre : misère, exclusion, dépression, suicide, etc.
La violence, la véritable violence, elle n’est pas du côté des salariés qui expriment une colère légitime, elle est du côté des patrons et des actionnaires qui, par cupidité, par souci de rentabilité, sèment la misère et la souffrance à grande échelle. Une violence qui ne s’exprime pas seulement dans les licenciements, dans les délocalisations et le chômage de masse mais aussi dans la précarisation du travail, dans la dégradation et le durcissement des conditions de travail – un durcissement qui engendre maintes maladies, maintes souffrances psychiques (pensons aux troubles musculo-squelettiques ou encore au burn out) et de nombreux accidents (540 accidents mortels en 2013 en France !).
Les véritables voyous, on le voit, ce sont les capitalistes qui n’ont d’autre morale que l’argent, et non pas les salariés qui se défendent comme ils le peuvent.
Comme les 2900 salariés d’Air France concernés par le « plan social », tous ceux dont la vie est réduite à une simple variable d’ajustement ont le droit et même le devoir de se révolter.
Non seulement les «violences» commises par les salariés d’Air France ne sont pas condamnables, mais elles sont à saluer. Elles sont à saluer eu égard à ce qu’elles incarnent d’exemplaire et réjouissante rupture avec toutes nos habitudes serviles et masochistes.
La peur doit changer de camp. Il est temps de faire comprendre à tout ce beau monde qu’on ne peut pas semer la misère et le malheur impunément. Il est temps de leur faire comprendre qu’on ne peut pas humilier des êtres humains et prétendre en même temps au respect de sa personne. Les capitalistes ont à leur disposition une police et une «justice» pour nous intimider et nous faire marcher droit ; opposons-leur une force plus dissuasive encore : celle qui a la vérité et la justice avec elle, celle qui requiert une unité et une solidarité sans faille de notre camp, celle qui se déploie à travers nos luttes et nos mille et une bravoures, celle qui se nourrit sans cesse de notre intelligence et de notre inventivité.
Le caractère démentiel des réactions politiques et médiatiques, la brutalité de la riposte judiciaire et policière – des salariés rebelles menacés de trois de prison, et interpellés chez eux à six heures du matin, comme s’il s’agissait de dangereux criminels, pour être placés en garde à vue pendant plus d’une journée -, n’étonnera que ceux qui ignorent que nous sommes en guerre. Oui, c’est bien une guerre quotidienne que les riches et les capitalistes nous mènent pour s’assurer de notre dévouement à les servir et les enrichir. Oui, c’est bien une guerre qu’ils mènent pour se goinfrer toujours plus au détriment de notre droit à la vie et au bonheur. Oui, c’est bien une guerre qu’ils mènent pour démanteler tous nos acquis sociaux, qui sont pour eux autant d’inacceptables entraves à leurs criminelles ambitions. Oui, c’est bien une guerre dont il s’agit – une guerre économique, idéologique, psychologique bien davantage encore que policière et judiciaire. Le temps est venu d’en prendre conscience et d’enclencher la contre-offensive. Le temps est venu de reprendre l’offensive contre tous ceux qui, comme le patron d’Air France, se croient autorisés à briser la vie de milliers de gens et cachent à peine leur volonté d’en finir, entre autres choses, avec le droit de grève et l’interdiction du travail des enfants !

(texte mis à jour le 15 octobre)

***

bousculage des patrons

La vraie violence n’est pas « celle des coups de poing »

« Qu’est-ce que la violence ? Pas seulement celle des coups de poing ou des coups de couteau des agressions physiques directes, mais aussi celle qui se traduit par la pauvreté des uns et la richesse des autres. Qui permet la distribution des dividendes en même temps que le licenciement de ceux qui les ont produits. Qui autorise des rémunérations pharaoniques en millions d’euros et des revalorisations du Smic qui se comptent en centimes.  »

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, « La violence des riches : Chronique d’une immense casse sociale »

La violence des capitalistes « ne fait pas de bruit » mais c’est pourtant la plus terrible

« La violence c’est une chose grossière, palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est noté. Un acte de brutalité, il est vu, il est retenu. Une démarche d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges. Le propre de l’action ouvrière dans ce conflit, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle s’exaspère, c’est de procéder en effet par la brutalité visible et saisissable des actes. Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continueront la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connue des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. Cela ne fait pas de bruit ; c’est le travail meurtrier de la machine qui, dans son engrenage, dans ses laminoires, dans ses courroies, a pris l’homme palpitant et criant ; la machine ne grince même pas et c’est en silence qu’elle le broie. (…) Tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »

Jean Jaurès dans un discours à l’Assemblée nationale, le 19 juin 1906.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s