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Charlie Bauer et notre devoir d’insoumission

Un joli film dans lequel Charlie Bauer (mort il y a cinq ans jour pour jour, le 7 août 2011) évoque avec passion et sans reniement aucun sa vie d’insurgé.

Son engagement sans compromis pour la révolution, son refus de laisser le monopole de la violence et des armes à l’Etat, Charlie Bauer le paya de vingt-cinq années de prison – dont neuf dans les funestes QHS.

Pour les amis du désordre établi, Charlie Bauer fut un « voyou », un « bandit », un « voleur ». Drôle de voyou qui ne recherchait aucun profit personnel, drôle de voleur qui redistribuait ses larcins aux pauvres de son quartier ou s’en servait pour financer des groupes révolutionnaires…

Si à sa sortie de prison en 1988 il abandonne la guérilla et mène une vie un peu plus « normale », il n’en continue pas moins à militer, ne cessant jusqu’à sa mort de nous rappeler à notre devoir d’insoumission. Il aimait beaucoup citer ce vers de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ».

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Revenu de base ou salaire à vie ?

L’idée d’établir un « revenu de base » (appelé aussi « revenu inconditionnel », « dotation inconditionnelle d’autonomie », etc.) est loin de faire l’unanimité parmi ceux qui aspirent et travaillent à un changement de société. Dans une tribune publiée sur sa page Facebook et que nous retranscrivons ci-dessous, Franck Lepage démonte avec virulence ce qui est pour lui un traquenard et une régression, et lui oppose le potentiel révolutionnaire du « salaire à vie«  (l’idée défendue par l’économiste Bernard Friot)…

Tempête de commentaires sur ma « saleté de revenu de base », dont Véronique dit « qu’elle s’en contenterait bien »…et C’est bien ça le problème véronique : Des tas de gens fatigués de se battre sont prêts à « s’en contenter » et le patronat sabre le champagne…si des milliers de « décroissants » sont prêts à se contenter de 800 euros, le rêve de la classe dominante est atteint. Plus besoin pour eux de verser et d’augmenter des salaires, et plus besoin de payer la protection sociale. (c’est même ça l’astuce du revenu de base) Ils peuvent tout garder et que tout le monde se débrouille avec ses 800 euros. Le revenu de base (pris sur l’impôt) c’est le droit enfin obtenu pour les possédants de se débarrasser du salaire. Et surtout ce ne sont plus les entreprises qui financent la protection sociale. Chacun se débrouille. Et n’oubliez surtout pas la suppression des retraites dans ce projet. youp là là !

Notre salaire, c’est à dire le salaire direct (à nous) et le salaire indirect (aux autres, sous forme de cotisations) est un conquête considérable et géniale. Ne raisonnons pas avec un siècle de retard : Ce qui était l’instrument de notre aliénation au 19ème siècle (le salaire comme juste de quoi ne pas crever) est devenu l’instrument de notre pouvoir quand nous avons forcé la classe possédante à verser du salaire pour des chômeurs, des malades, des retraités, et toute la fonction publique hospitalière). ça s’appelle les cotisations. Quand vous gagnez 1.500 euros, votre salaire est en réalité de 3.000 euros.

Permettre le revenu de base c’est permettre aux patrons de tout garder en profit et de ne plus payer les cotisations. Ni les salaires. Vous aurez déjà 800, mais vous devrez continuer à aller trimer dans des emplois parce que ce ne sera pas assez pour vivre en ville normalement. Comme vous aurez déjà 800 le patron pourra baisser ce qu’il vous verse actuellement. De leur côté, deux ou trois décroissants vous diront que vous n’avez qu’à pas vivre en ville ! « Les citoyens qui souhaitent avoir un niveau de vie plus élevé pourront bien sûr compléter ce revenu de base en étant salarié, artisan ou entrepreneur. Ce salaire universel remplacera toutes les aides sociales existantes, y compris les retraites de base. » (voir article plus bas)

Le salaire à vie, à l’inverse, c’est 2500 euros dès l’âge de 18 ans et jusqu’à la mort, avec possibilité d’augmentations en qualification sur une échelle de 1 à 4, ou de 1 à 6. (on plafonne le salaire maximum à 6 fois cette somme)r

Vous la voyez la différence entre gagner 2500 euros dès 18 ans ou crever avec 800 euros à 40 ans ? ça change tout. Vous n’êtes plus obligés de vous employer dans des boulots crétins, et les boulots crétins disparaissent. Ce qui suppose la deuxième condition : la co-propriété d’usage des entreprises. On se débarrasse des propriétaires, on n’en a plus besoin. Le modèle coopératif se met en place. Nous décidons de quoi, pourquoi et comment produire.

Si vous trouvez que 2500 € c’est utopique, sachez qu’en francs constants, un jeune qui s’engage sur le marché du travail aujourd’hui s’embauche à exactement 50 % (la moitié) du salaire qu’il avait dans les années 70. (en francs constants) Par exemple si vous arrivez à décrocher un CDI à 1.500 euros et que vous êtes content, vous auriez eu 3.000 euros dans les années 70. Si cela vous paraît exorbitant, et si vous trouvez que 1500 euros est un bon salaire, alors vous êtes mûr pour accepter le revenu de base et aller faire du purin d’ortie entre décroissants en laissant les autres s’occuper de la lutte des classes à votre place dans les villes ! (je m’énerve).

Le salaire à vie, (c’est déjà le cas pour plus de 50 % de la population) je ne vous dis pas que ça va se faire en quelques années, ça prendra du temps, comme toutes les luttes sociales. Je suis en train de vous dire que c’est l’horizon pour la gauche. Que c’est cela qu’il faut savoir défendre et argumenter. Raison de plus pour se familiariser avec l’idée, avec la revendication, et commencer par arrêter de revendiquer cette saleté de revenu de base qui est un retour au moyen âge. Et un méga piège à cons, (avec retour probable des femmes à la maison en prime !!!). Le seul horizon pour la gauche : Prolonger les conquêtes de 1945 quand la classe ouvrière et la CGT étaient révolutionnaires et qu’ils avaient commencé d’imposer le salaire à vie pour les retraités, les fonctionnaires, les malades et les chômeurs. Demandons la même chose pour les jeunes dès 18 ans. Financièrement cela ne pose aucun problème. il faut augmenter les charges sociales jusqu’à la totalité du salaire ! Le problème de la classe dominante ce n’est pas son argent, ce ne sont pas ses « sous »…elle s’en fout… c’est son pouvoir. Elle est prête à nous filer 800 euros pour qu’on la ferme et que tous les contestataires potentiels du capitalisme se reconvertissent chez les colibris plutôt que de prendre le pouvoir

Allez voir du côté de réseau salariat, familiarisez vous avec cette hypothèse, visionnez des vidéos de Bernard Friot, apprenez à déjouer l’arnaque du revenu de base….ou alors un revenu de base à 2.500 euros…tiens tiens…y a plus personne ? La notion de « Revenu minimal d’existence » trahit l’obscénité même du projet quasi – fasciste de la classe dominante : nous confiner à une existence minimum. Je ne sais pas pourquoi je m’énerve

Je vous mets un ou deux liens :

http://www.cspinyourface.com/…/pourquoi-le-revenu-de-base-c…

http://geopolis.francetvinfo.fr/la-finlande-prete-a-experim…

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Pour continuer le débat, cet article du Réseau Salariat : « Revenu inconditionnel ou salaire à vie ? »

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Non, le Parti « socialiste » n’a rien trahi, il est resté fidèle à sa fonction : sauver le capitalisme

« La deuxième droite », un documentaire à voir pour tous ceux qui se feraient encore des illusions à propos du Parti « socialiste » en particulier et de la « social-démocratie » en général, pour tous ceux qui s’étonnent encore que ce parti qui se dit « de gauche » soit capable de mener une politique plus favorable encore au Capital que la droite…

« La deuxième droite » interroge Jean-Pierre Garnier, auteur en 1986 d’un essai éponyme. « La deuxième droite », c’est ainsi qu’il appelle la « gauche » au pouvoir sous Mitterrand, et en particulier la prétendue « deuxième gauche », qui se prétendait plus « moderne » et plus en phase avec les « réalités ».

Pour comprendre la politique actuelle des Hollande, Valls et consorts, il est important de se rappeler ce qu’a été celle du PS au pouvoir dans les années 80 sous la présidence de Mitterrand. Car ce que nous vivons sous le mandat de François Hollande se situe en sa droite ligne et n’a rien de vraiment nouveau.

Jean-Pierre Garnier bat en brèche l’idée que le PS aurait trahi, rompu avec ce qu’il aurait vraiment été, que ce soit en 1983, lors du fameux « tournant de la rigueur », ou ces dernières années… Pour lui, le PS n’a jamais été un parti sincèrement « de gauche », le PS est toujours resté fidèle à son fonction : celle de sauver le capitalisme, celle de défendre l’ordre établi. Sauver le capitalisme, soit en faisant miroiter et en faisant voter des mesures « de gauche » plus ou moins ambitieuses (quand la classe ouvrière est puissante et menaçante) pour apaiser les colères et les velléités subversives et sauvegarder les fondamentaux, soit en se chargeant (quand le rapport de force est plus favorable au Capital) « de faire avaler les pilules les plus dures à avaler, enrobés de tout un discours lénifiant pour que les gens acceptent ».

Quoi de mieux en effet pour faire accepter des politiques libérales détestables que de les faire faire appliquer par un gouvernement dit « de gauche » – d’autant plus quand celui-ci a donné préalablement des gages de bonne volonté à son électorat (en 1981 c’étaient les nationalisations, la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés…) – pour nous inculquer l’idée « que l’on ne peut pas faire autrement », « qu’il faut s’adapter à la réalité telle qu’elle est », bla bla bla – et ainsi éviter de puissants mouvements de protestation… Cela a toujours montré ses preuves. C’est comme ça qu’en 1983, une politique de rigueur pire que celle de Barre quelques années plus tôt a pu passer sans grande opposition.

Sauver le capitalisme, c’est-à-dire aussi nous adapter au nouveau stade du capitalisme, c’est-à-dire celui qui s’active à nous faire intérioriser notre soumission, à faire concorder nos désirs avec les siens. C’est tout le travail idéologique qui a été celui de la « deuxième gauche ». Ainsi toutes les belles idées d' »autonomie, d' »autogestion », ont été complètement retourné pour servir le capitalisme. On a fait miroiter aux travailleurs l’autonomie (notamment avec les lois Auroux de 1982), mais ça n’a été qu’une manière de les faire « participer à leur exploitation », dans la mesure où les objectifs restaient les mêmes cependant que chacun devenait plus ou moins autonome quant aux manières d’y arriver.

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« Je lutte donc je suis »

« Je lutte donc je suis », le nouveau film de Yannis Youlountas, qui évoque avec brio et émotion les luttes en Grèce et en Espagne, est disponible gratuitement depuis fin décembre sur Internet. Le film continue en parallèle à être projeté dans les salles de cinéma un peu partout (toutes les infos sur : http://jeluttedoncjesuis.net/ ). On ne saurait que trop vous recommander le visionnage – et le partage – de ce film à la fois beau, émouvant et revigorant.

« De Grèce et d’Espagne, un vent du sud contre la résignation souffle sur l’Europe. Dans les villes et les campagnes, dans les îles et les montagnes, au cœur des luttes et des alternatives en actes, des femmes, des hommes, mais aussi des enfants refusent de baisser les bras. Une même devise résume leur courage de résister, leur joie de créer et leur persévérance à toute épreuve : « JE LUTTE DONC JE SUIS » (prononcer « AGONIZOMAI ARA IPARKO » en grec et « LUCHO LUEGO EXISTO » en espagnol). Quelques mots pour vivre debout, parce que rester assis, c’est se mettre à genoux. Une brise marine, souriante et solidaire, de Barcelone à Athènes et d’Andalousie en Crète, qui repousse les nuages du pessimisme. Un voyage palpitant en musique, d’un bout à l’autre de la Méditerranée, en terres de luttes et d’utopie. »

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Pour comprendre ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes

« Notre drame des landes » : Ce documentaire retrace l’origine et le quotidien d’une lutte passionnée pour protéger les bocages de Notre-Dame des Landes et y empêcher la construction d’un aéroport.
Qu’ils soient agriculteurs, élus ou squatteurs, les protagonistes font entendre une même voix opposée aux grands travaux sur cette zone. Les témoins racontent cette mobilisation qui se poursuit encore aujourd’hui, et qui remonte au début des années 1970, avant même l’affaire du Larzac.
On y découvre que cette zone humide n’est pas devenue la zone de non-droit que dépeignent les médias et les voix officielles, mais le lieu d’une expérience réussie de vie en commun fondée sur la démocratie directe, détachée d’intérêts marchands et respectueuse de l’environnement.

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vinci dégageA noter qu’une nouvelle journée de mobilisations est prévue sur Nantes et ailleurs, le samedi 9 janvier prochain, en réponse à la menace de l’Etat d’expulser les habitants de la Zad dans les tout prochains jours.

« Le gouvernement trahit les accords obtenus par la lutte selon lesquels ni les travaux de l’aéroport ni les expulsions ne commenceraient avant l’épuisement des recours juridiques.

En effet, les habitants et paysans dits « historiques », qui étaient propriétaires ou locataires avant la déclaration d’utilité publique (DUP), ont été assignés en référé expulsion le 10 décembre. AGO-Vinci demandait l’expulsion immédiate des habitants, avec pour contrainte une astreinte financière de 200 à 1000€ par jour. Et mise sous séquestre des biens et cheptels.

Le moment était sans doute malvenu sur le plan politique : COP21 et élections régionales. Les deux avocats ont accepté la mise en suspens de la procédure, celui d’AGO-Vinci affirmant sa volonté de la relancer en janvier.

Après que les tentatives de vider la ZAD par les forces policières ont échoué en 2012, l’État essaie maintenant de le faire sous la pression financière sans même avoir à se risquer à venir sur le terrain.

Il n’est pas question de laisser l’État expulser une partie d’entre nous, ni même de laisser peser une telle menace sur l’ensemble des habitants de la zone.

Notre perspective est l’abandon du projet, cependant notre force collective doit arracher immédiatement l’engagement de l’État à renoncer à toute procédure d’expulsion jusqu’à ce que tous les recours soient menés à leur fin.

Le 30 décembre, AGO-Vinci a relancé la procédure pour une audience contradictoire le mercredi 13 janvier. Une AG le soir même a décidé d’avancer la mobilisation au samedi précédent.

Nous appelons donc à une forte mobilisation le 9 janvier sur le périphérique de Nantes, en convois de tracteurs, vélos, marcheurs, convergeant vers Cheviré, pour un grand banquet partagé au pied du pont, victuailles tirées des sacs. Le tout dans une ambiance enthousiaste, conviviale et sereine, celle que nous avons su conserver pendant les huit jours de notre convoi « CAP sur la COP » malgré l’état d’urgence.

L’action de cette journée autour de Nantes sera assumable par tous et toutes et gérée ensemble de bout en bout. Nous nous portons collectivement garants de son succès.

Nous ne laisserons jamais disparaître les terres de la zad et tous ceux qui la font vivre.

Nous appelons donc à nous rejoindre pour une mobilisation le 9 janvier 2016, que ce soit :

– à la tracto-vélo de Notre-Dame-des-Landes à 8h30, qui ira jusqu’au périphérique de Nantes

– si vous n’avez pas de vélo : à la manifestation piétonne (les deux se rejoindront) et si vous êtes trop loin, à des manifestations, blocages, occupations et autres formes d’actions près de chez vous en solidarité contre les expulsions, (plutôt) le 9 ou le 16 janvier, selon possibilités locales appréciées par les comités de soutien… Rennes, Toulouse, d’autres villes… ont déjà annoncé des actions.

À l’appel des composantes de la lutte contre l’aéroport : des membres de la Coordination (ACIPA, ADECA, Agissons Pour l’Avenir, ATTAC, CANVA, CéDpa, CELA, Confédération Paysanne 44, décroissanceS-MOC, GAB44, PG44, NPA, UD44 Solidaires, EELV, ENSEMBLE !, Nature-Avenir, Natur-Action, OBSLAB, Vertou Écologie Solidarité, Sèvre Propre 2015, Solidarités Écologie),
le COPAIN, Naturalistes en lutte, des habitant-e-s de la ZAD, des comités de soutien…

Surveillez les informations, pour Nantes et ailleurs, sur https://www.acipa-ndl.fr/ et http://zad.nadir.org «