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Pour comprendre ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes

« Notre drame des landes » : Ce documentaire retrace l’origine et le quotidien d’une lutte passionnée pour protéger les bocages de Notre-Dame des Landes et y empêcher la construction d’un aéroport.
Qu’ils soient agriculteurs, élus ou squatteurs, les protagonistes font entendre une même voix opposée aux grands travaux sur cette zone. Les témoins racontent cette mobilisation qui se poursuit encore aujourd’hui, et qui remonte au début des années 1970, avant même l’affaire du Larzac.
On y découvre que cette zone humide n’est pas devenue la zone de non-droit que dépeignent les médias et les voix officielles, mais le lieu d’une expérience réussie de vie en commun fondée sur la démocratie directe, détachée d’intérêts marchands et respectueuse de l’environnement.

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vinci dégageA noter qu’une nouvelle journée de mobilisations est prévue sur Nantes et ailleurs, le samedi 9 janvier prochain, en réponse à la menace de l’Etat d’expulser les habitants de la Zad dans les tout prochains jours.

« Le gouvernement trahit les accords obtenus par la lutte selon lesquels ni les travaux de l’aéroport ni les expulsions ne commenceraient avant l’épuisement des recours juridiques.

En effet, les habitants et paysans dits « historiques », qui étaient propriétaires ou locataires avant la déclaration d’utilité publique (DUP), ont été assignés en référé expulsion le 10 décembre. AGO-Vinci demandait l’expulsion immédiate des habitants, avec pour contrainte une astreinte financière de 200 à 1000€ par jour. Et mise sous séquestre des biens et cheptels.

Le moment était sans doute malvenu sur le plan politique : COP21 et élections régionales. Les deux avocats ont accepté la mise en suspens de la procédure, celui d’AGO-Vinci affirmant sa volonté de la relancer en janvier.

Après que les tentatives de vider la ZAD par les forces policières ont échoué en 2012, l’État essaie maintenant de le faire sous la pression financière sans même avoir à se risquer à venir sur le terrain.

Il n’est pas question de laisser l’État expulser une partie d’entre nous, ni même de laisser peser une telle menace sur l’ensemble des habitants de la zone.

Notre perspective est l’abandon du projet, cependant notre force collective doit arracher immédiatement l’engagement de l’État à renoncer à toute procédure d’expulsion jusqu’à ce que tous les recours soient menés à leur fin.

Le 30 décembre, AGO-Vinci a relancé la procédure pour une audience contradictoire le mercredi 13 janvier. Une AG le soir même a décidé d’avancer la mobilisation au samedi précédent.

Nous appelons donc à une forte mobilisation le 9 janvier sur le périphérique de Nantes, en convois de tracteurs, vélos, marcheurs, convergeant vers Cheviré, pour un grand banquet partagé au pied du pont, victuailles tirées des sacs. Le tout dans une ambiance enthousiaste, conviviale et sereine, celle que nous avons su conserver pendant les huit jours de notre convoi « CAP sur la COP » malgré l’état d’urgence.

L’action de cette journée autour de Nantes sera assumable par tous et toutes et gérée ensemble de bout en bout. Nous nous portons collectivement garants de son succès.

Nous ne laisserons jamais disparaître les terres de la zad et tous ceux qui la font vivre.

Nous appelons donc à nous rejoindre pour une mobilisation le 9 janvier 2016, que ce soit :

– à la tracto-vélo de Notre-Dame-des-Landes à 8h30, qui ira jusqu’au périphérique de Nantes

– si vous n’avez pas de vélo : à la manifestation piétonne (les deux se rejoindront) et si vous êtes trop loin, à des manifestations, blocages, occupations et autres formes d’actions près de chez vous en solidarité contre les expulsions, (plutôt) le 9 ou le 16 janvier, selon possibilités locales appréciées par les comités de soutien… Rennes, Toulouse, d’autres villes… ont déjà annoncé des actions.

À l’appel des composantes de la lutte contre l’aéroport : des membres de la Coordination (ACIPA, ADECA, Agissons Pour l’Avenir, ATTAC, CANVA, CéDpa, CELA, Confédération Paysanne 44, décroissanceS-MOC, GAB44, PG44, NPA, UD44 Solidaires, EELV, ENSEMBLE !, Nature-Avenir, Natur-Action, OBSLAB, Vertou Écologie Solidarité, Sèvre Propre 2015, Solidarités Écologie),
le COPAIN, Naturalistes en lutte, des habitant-e-s de la ZAD, des comités de soutien…

Surveillez les informations, pour Nantes et ailleurs, sur https://www.acipa-ndl.fr/ et http://zad.nadir.org « 

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Pour sauver le climat : changer de modèle de société, en finir avec le mode de vie consumériste

« Deux degrés avant la fin du monde » : une bonne introduction aux conséquences et enjeux du réchauffement climatique, ainsi qu’aux solutions à lui apporter. Les intervenants du film en conviennent : pour sauver le climat et les espèces qui vivent sur terre, les « petits gestes » ne règleront rien. Si l’on veut agir vraiment, c’est tout notre système qu’il faut remettre en cause. Si l’on veut agir vraiment, il faut changer radicalement de vision du monde, de modèle de société, de modes de vie.

Le documentaire se fait peu loquace sur le système en question, mais c’est bien du capitalisme qu’il s’agit. C’est le capitalisme, son modèle économique, ses valeurs, son imaginaire, qui est en cause – n’en déplaise à tous ces pyromanes (chefs d’Etats et industriels) qui paraderont à la COP21 déguisés en pompiers. C’est l’obsession du profit – l’obsession-reine du capitalisme -, érigée en impératif civilisationnel sous le nom de croissance, qui met en péril le climat et l’environnement, en incitant les populations à produire et à consommer toujours plus, et donc à gaspiller toujours plus d’énergies polluantes. C’est cet amour des biens matériels, c’est cette obsession d’en accumuler toujours plus, qui nous est inoculé quotidiennement via la publicité, qui met en péril le climat et l’environnement. Il faut le dire et le répéter : on ne peut pas se soucier à la fois du climat et de la croissance économique. Il faut en finir avec cette religion de la croissance – qui n’est que le masque présentable de la cupidité la plus crasse. Il faut en finir avec ce modèle de vie consumériste – qui ne nous apporte par ailleurs qu’un faux confort. Il est vain de vouloir sauver le climat si l’on ne s’attaque pas aux valeurs qui fondent le système capitaliste et sont encouragés par lui : égoïsme, cupidité, avidité, calcul, esprit de compétition… Pour sauver le climat, il faut engager une véritable révolution politique et culturelle, il faut retrouver des modes de vie plus sobres, il faut insuffler à nos sociétés des valeurs plus saines : humilité, partage, égalité, coopération…

Pour approfondir la question, on pourra se référer à quelques anciens articles publiés ici :

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Enquête sur l’assassinat de Pasolini

Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, le romancier, poète et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini est retrouvé sauvagement assassiné sur un terrain vague d’Ostie, aux portes de Rome. Très vite, un jeune prostitué du nom de Pino Pelosi, âgé de 17 ans, reconnaît avoir abattu l’écrivain, lequel n’a jamais caché son homosexualité et son attirance pour le milieu romain de la prostitution. Pino Pelosi est immédiatement condamné à la peine de prison maximale encourue par un mineur pour un tel crime. Pourtant, certaines pistes évidentes ne sont pas explorées et des points obscurs subsistent. Trente ans plus tard, l’accusé revient sur ses aveux et affirme s’être tu pour protéger sa famille, victime de sérieuses menaces. L’enquête, précipitamment close peu après la tragédie, est rouverte en 2010 et se penche sur des éléments qui n’ont jamais été pris en compte car, dans l’Italie conservatrice des années 1960 et 1970, Pasolini ne manquait pas d’ennemis. Ses romans, qui explorent avec authenticité la vie dans les banlieues populaires de la capitale italienne et dressent le portrait des « mauvais garçons » de ces quartiers pauvres, sont jugés obscènes et ne cessent de faire scandale. Pasolini écrit également des articles à charge contre la classe dirigeante. Sa mort a-t-elle été préméditée au sein de cette classe politique dont il dénonçait les liens avec la mafia ? L’a-t-on tué pour l’empêcher de révéler des secrets explosifs ? Retour sur une enquête qui fait émerger la face sombre de l’Italie, avec notamment le cousin et biographe de Pasolini, Nico Naldini.

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L’An 01 : on arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste !

« L’An 01 » : un film, une bande dessinée, mais aussi et surtout une aventure collective et une utopie – aux origines desquelles on trouve le dessinateur Gébé.

« On arrête tout et on réfléchit. On nous dit : Le bonheur c’est le progrès, faites un pas en avant. Et c’est le progrès… mais ce n’est jamais le bonheur. Alors si on faisait un pas de côté! Si on essayait autre chose! Si on faisait un pas de côté, on verrait ce qu’on ne voit jamais. » (extrait du film)

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Sans douleur

Et si au lieu de faire un pas en avant, comme le demandent les tacticiens de la Société Nouvelle, nous faisions un pas sur le côté ?
– Les queues ne tomberaient plus en face des guichets.
– Les fusils tomberaient à côté des recrues.
– Les usagers du petit matin ne tomberaient plus en face des portières de train, des portières de bus, des entrées de métro.
– Ceux qui par manque de pot, le pas exécuté, se trouveraient en face de la portière, une fois arrivés au boulot pourraient retenter leur chance et là, à tout les coups c’est bon. Un pas de côté et tu t’assoies à côté de ta chaise de bureau. À la chaîne tu n’es plus en face des trous, tu boulonnes dans le vide.
– Au comptoir tu bois dans le verre du voisin. Pas grave !
– Au cinéma tu n’es plus en face de la caisse, tu entres sans payer. Au poil !
– Et pour danser ça ne gène pas, il suffît de faire ensemble le pas du même côté.
– Sur le chantier, un pas de côté et tu montes le mur à la place de la fenêtre. Mais regarde avant si l’échafaudage est assez long. Va pas mettre le pied dans le vide !
Car moi le sang me fait pas bicher.
C’est pour ça que je cherche des trucs.
Des trucs pour sortir de l’ornière, pour sortir des rails.
SANS DOULEUR !
Par exemple, échanger les appartements, échanger les maisons, échanger les autos, pour commencer. Et puis échanger les pays.
Exode pacifique et permanent : les Italiens en Turquie, les Français en Suède, les Espagnols en Allemagne et puis les Turcs partout, les Italiens partout, les Espagnols partout. Tous les peuples brassés. Un seul champ, une seule culture, une même nourriture, une seule langue. Va pour l’anglais.
C’est de l’utopie, ça, hein !
Il en faut. L’utopie ça réduit à la cuisson, c’est pourquoi il en faut énormément au départ. Alors, on continue.
Le goût de régner se perdrait. Les maîtres, les tyrans, les hommes à poigne n’auraient que du sable à saisir dans leur poigne. Et leur poigne mollirait. Et ils prendraient la route, nomades parmi les nomades.
D’un côté on nous tend les armes de la production, de l’autre les armes de la révolte, d’une manière de plus en plus pressante. Un jour proche il faudra choisir. Dépêchons-nous pendant qu’il est encore temps de nous trouver de bonnes raisons de refuser ce choix. Mettons-nous en marche pour couper court à tout.
Ni la fuite ni le recroquevillement, le mouvement.
La liberté ce n’est pas se ranger sous une allégorie de la liberté, c’est se sentir libre.
L’imagination qui appelle aux armes ou qui appelle à l’ordre n’est qu’une imposture.
L’imagination appelle à l’imagination.
Allez ! On continue.
Par exemple, comment faire craquer les prisons ? En y allant tous.
Décider d’un jour d’ivresse nationale.
Décider d’un jour d’attentat général à la pudeur.
Décider d’un jour de pillage. Tous pris la main dans le sac, qui pour une tomate à l’étalage, qui pour un rouge à lèvres au Prisunic. Geste ostensible. Si pas pris, se dénoncer. Si pas coffré, gueuler jusqu’à l’être. Des millions en prison, plus de prisons ! Dans l’allégresse, mes amis. Pourquoi la révolution ? La kermesse ! Et surtout, pas héroïque ! Ni lâche, ni veule, ni trop prudente non plus, mais irrésistible, entraînante, majestueuse, inventive et lyrique – c’est-à-dire, accompagnée à la lyre.
Par exemple, est-ce que vous n’aimeriez pas aller en Chine ? Et croiser les Chinois en un lieu dit « Tchécoslovaquie » ? (les Chinois marchent plus vite que nous.)
En arrivant sur les bords de la Seine, les Chinois trouveraient un monsieur en chapeau haut de forme et gros sourcils qui les accueillerait par ces mots : « Nous ne sommes pas le pays des répressions violentes, mais nous sommes le pays de la fermeté ! » Comme, au passage, nous aurions fait aux Chinois l’imitation de Pompidou, les Chinois en riraient encore en foulant le sol d’Irlande et à Belfast en liesse. Pompidou serait le clou de l’Opéra de Pékin ambulant.
Mais, peu à peu, les vedettes perdraient de leur éclat. Pas étouffées mais égalées. Tous Mao en Chine. Tous Gandhi aux Indes. Tous papes à Rome. Tous rois à la Nouvelle Orléans. Parce qu’il faudrait s’y mettre, à penser tout bas, tout bas et à faire de la musique !
On a sonné, je vais ouvrir, c’est le facteur.
Évidemment, il y a plus d’utopie à l’imaginer avec une trompette qu’avec un fusil.
On parle un peu. Il est trompette dans l’harmonie municipale !
On parle encore. Il fait un pas à gauche, moi à droite, il prend mon verre, moi le sien, nous trinquons !
Partir ? Il est prêt ! « Toute une vie distribuer des écrits sans importance, c’est pas une vie ! Et au bout ? Une retraite de quoi pas mourir de faim. Allez ! Allez ! Oublier tout ça ! Repartir à zéro. Se refaire une grande vie d’homme libre, oui ! UN GRAND MOIS ENTIER !
Un petit appartement pas loin de la plage, sur la Costa Brava, tout compris, pas de soucis à se faire, l’Espagne c’est encore abordable, j’ai loué, j’ai retenu, le 30 au soir je mets tout le monde dans la voiture, la femme, les gosses, et les bagages et en route, bon, je ne m’ennuie pas, à la prochaine… »
La lettre, je l’ouvre, c’est un prospectus : « un superbe volume gratuit… le reste en quinze mensualités… sans obligation d’achat… »
AUX ARMES !
Non Non ! Cherchons encore…

Gébé (25 mai 1970)

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Le diesel tue !

https://vimeo.com/81051416

« Diesel : la dangereuse exception française », une enquête de Cash Investigation

« Près des trois quarts des voitures neuves en France sont équipées de moteur Diesel. C’est un record mondial. L’Organisation Mondiale de la Santé pointe l’effet cancérigène des gaz d’échappement des Diesel. Pourtant, dans l’Hexagone, cette situation n’est pas prête d’être remise en question, même si la pollution de l’air provoque plus de 40 000 décès prématurés chaque année. Enquête sur les raisons de cette exception française, alors que des normes de pollution sont de plus en plus strictes. Comment les constructeurs tricolores ont pu investir dans la technologie du Diesel, avec la bénédiction de l’Etat, en dépit des avertissements et des dangers sanitaires ? »