Publié dans Films, documentaires, Vidéos

La Ferme des animaux

« La Ferme des animaux » est un film d’animation réalisé en 1954 par John Halas et Joy Batchelor. C’est une adaptation – relativement fidèle – du célèbre roman du même nom de George Orwell écrit neuf ans auparavant.

A travers l’histoire d’une ferme dans laquelle les animaux se révoltent puis prennent le pouvoir et chassent les hommes, Orwell dénonce la tournure prise par la révolution russe de 1917 et s’emploie à décortiquer les ressorts du totalitarisme – et à nous éclairer sur les procédés et les pièges par lesquels une révolution populaire aux idées généreuses peut être confisquée et transformée en dictature abominable. 

Publié dans Articles

Simone Weil et George Orwell : deux penseurs vraiment révolutionnaires

simone weil« L’écrivain britannique George Orwell et la philosophe française Simone Weil connaissent tous deux depuis quelques années un regain d’intérêt. Alors que la gauche, notamment la gauche radicale — c’est-à-dire celle qui se donne pour objectif de trouver une alternative au capitalisme —, est en crise idéologique et perd peu à peu les classes populaires, on pense qu’elle aurait tout intérêt à se pencher sur ces deux penseurs révolutionnaires. »orwell

Lire l’article de Kévin Victoire : http://comptoir.org/2015/06/22/avec-simone-weil-george-orwell-pour-socialisme-vraiment-populaire/

Publié dans Articles, Conseils de lecture

« 1984 » d’Orwell : une lecture incontournable pour comprendre notre présent

1984-george-orwell-f2f1e« À la suite de l’attentat du 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo, qui a relancé le débat sur la liberté d’expression, les élèves de la promotion 2015-2016 de l’École nationale d’administration (ENA) ont choisi de se donner comme nom celui de George Orwell. » – Le Monde, 17/01/2015, « Les élèves de l’ENA baptisent leur promotion du nom de George Orwell  »

Ils font sans doute partie de ceux qui ne l’ont pas lu, mais le citent comme garantie de bonne conscience. Il convient donc de rappeler ce que raconte Orwell dans son roman 1984 :

Le monde de 1984 est divisé en grands blocs ennemis, qui sont dans un état de guerre permanent, sans jamais s’affronter frontalement. Ils guerroient indirectement sur des territoires périphériques, régulièrement ravagés (en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, etc.). Ces combats lointains et la barbarie des ennemis sont donnés quotidiennement en spectacle aux citoyens grâce à des médias attisant la peur et la haine. De temps en temps, une bombe tombe sur le sol national, ce qui maintient le sentiment de guerre. Mais fondamentalement :

« La guerre est menée par chaque groupe dirigeant contre ses propres sujets, et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes territoriales, mais de garder la structure de la société intacte. (1)» (p. 283)

La guerre contre les ennemis barbares est « une simple imposture » (p. 282) utilisée pour produire un sentiment d’unité, là où la société est en réalité divisée en groupes sociaux luttant pour des intérêts opposés. Cet état de guerre maintient la population dans l’angoisse, la haine, une humeur de panique et de lynchage, une excitation permanente, qui est l’état d’esprit nécessaire au fonctionnement du système totalitaire. C’est, en somme, la politique par la Terreur, au sens de 1792 : un moyen de gouvernement employé par l’État, et non pas une méthode militaire mise en œuvre par des groupuscules extrémistes.

Dans la Terreur de 1984, la nation est menacée de l’intérieur, car l’ennemi étranger a des agents secrets partout, notamment parmi les dissidents politiques. Il faut donc se méfier de tout le monde et fliquer au maximum la vie civile : fichage, vidéo-surveillance, délation, etc. Le danger terroriste est, comme la grippe, diffus, omniprésent, increvable, invisible et montré tous les jours à la télévision. C’est une « conspiration ». Le premier et principal conspirationniste, c’est l’État dans sa guerre contre le terrorisme.

L’État terroriste décrit par Orwell joue de ces menaces. Il se présente comme un rempart contre la barbarie, le seul garant de la « sécurité », au prix de la restriction des libertés. D’où le slogan « la liberté, c’est l’esclavage » (p. 373). Traduit en langage énarque, tel que repris par l’article du Monde :

« Fortement marqués par les attentats récents, les élèves avaient à cœur de réaffirmer leur attachement à la liberté d’expression et, de manière plus générale, aux libertés qu’il appartient avant tout aux pouvoirs publics de protéger », indique ce texte, qui souligne que l’œuvre de cet écrivain « appelle à une conciliation vigilante entre la préservation des libertés et les exigences liées à la sécurité des citoyens ».

La terreur est une situation émotionnelle, une situation où l’émotion devient impérative. 1984 décrit clairement comment la force « submergeante » des émotions – peur, haine et adoration – est utilisée pour noyer la faculté de juger et obliger à choisir son camp parmi ceux, factices, définis par le pouvoir. La politique de la terreur a largement recours aux mouvements émotionnels de masse, dans les médias (les « Deux Minutes de la Haine », etc.) comme dans les manifestations. Il n’y a plus de recul ni de réflexion possible, mais seulement l’adhésion ou le refus, l’appartenance ou l’hostilité. Le mouvement jesuischarliste aura été est un bon exemple de ces « moments d’irrésistible émotion » et de cet « étouffement délibéré de la conscience » (p. 30).

Pour empêcher toute critique réelle, le système totalitaire orwellien entretient et met en scène une dissidence de pacotille, une fausse critique politique manipulée par la Police de la Pensée. Ceux qui doutent des vérités dominantes sont poussés à adhérer à ces opinions piégées et préfabriquées, conduisant à des formes de révolte stériles, voire réellement terroristes, encouragées par des agents-provocateurs. C’est en même temps un épouvantail et une caricature, employé par les chiens de garde de l’orthodoxie pour discréditer toute velléité d’opposition. Depuis 2001, c’est notamment au conspirationnisme qu’a été confié ce rôle.

Enfin, la célèbre novlangue de 1984 ne consiste pas seulement à tordre le sens des mots à des fins politiques, mais à réduire le sens, à diminuer la quantité de pensée exprimable. Les mots ne doivent plus servir à raisonner, mais à occuper l’esprit par un bavardage rapide, ininterrompu, insensé – le quackspeak ou « parler comme un canard » (p. 434), du genre France Info ou BFM TV –, et fondamentalement à exprimer son adhésion à l’opinion dominante. « Je suis Charlie » en est la parfaite expression. D’autant plus qu’elle est issue de la pensée-clic favorisée par les nouveaux médias, vrais rénovateurs de la langue.

Dans 1984, Orwell décrivait des recettes de gouvernement qu’il voyait triompher partout à la faveur de la Deuxième Guerre mondiale, aussi bien dans le « Monde Libre » que dans les États totalitaires. La lecture de ce livre reste subversive aujourd’hui, car elle incite à constater que ces vieilles recettes sont toujours en usage. Se revendiquer d’Orwell, c’est aller vers le délit d’opinion, puisque c’est appeler à critiquer « l’union nationale » aujourd’hui exigée grâce au jesuischarlisme. Attention à vous, élèves énarques, vous flirtez avec l’apologie du terrorisme !

Mais l’ENA nous rassure : « Les élèves entendent quant à eux exercer leurs futures missions avec engagement, discernement et humilité. » Peut-être ces futurs cadres zélés de la gouvernance ont-ils trop bien lu Orwell : comme un manuel de doublepensée. Un peu comme l’Okhrana, police secrète du Tsar de Russie, avait trop bien lu le Dialogue aux enfers entre Machiavel & Montesquieu de Maurice Joly (1864), lorsqu’elle s’en en est inspirée pour rédiger Les protocoles des sages de Sion.

Pierre Bourlier

Source : http://www.article11.info/?Quand-l-ENA-convoque-Orwell-pour

____

(1) Les citations de 1984 renvoient à l’édition Folio Gallimard de 1976.

Publié dans Articles, Conseils de lecture

Vingt penseurs vraiment critiques

Où sont les George Orwell, les Cornelius Castoriadis, les Simone Weil de notre temps ? Une anthologie des « penseurs vraiment critiques » paraît aujourd’hui, qui foisonne de découvertes intellectuelles et d’esprits décidés à appréhender de manière nouvelle les désordres économiques, culturels et politiques de notre temps.

Ce qui manque le plus souvent à la critique, ce sont des armes théoriques. Cette certitude, confessée dans l’introduction du fort volume consacré aux «penseurs vraiment critiques» qu’ils publient aujourd’hui, a incité Cédric Biagini, Guillaume Carnino et Patrick Marcolini à rassembler une manière de bibliothèque idéale à l’usage de ceux qui sentent qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de la concurrence généralisée, de la marchandisation intégrale et de l’accumulation illimitée du signe monétaire. A qui avons-nous affaire ? A des intellectuels et à des militants qu’on ne voit jamais à la télévision participer à des débats convenus où chacun joue son rôle. Biagini, qui anime les éditions L’Echappée, a publié un volume remarquable, la Tyrannie technologique, écrit en collaboration avec Carnino, tandis que Marcolini a étudié l’histoire du mouvement situationniste.

Esprits décidés

On l’aura compris. Il ne s’agit pas ici de citoyennistes rêvant d’une gouvernance mondiale plus harmonieuse, mais d’esprits décidés qui mesurent l’importance du recours aux bibliothèques pour penser de manière «radicale» les désordres économiques, technologiques, culturels et politiques des temps actuels. «Radicale, au sens littéral : qui veut prendre les choses à la racine, expliquent-ils.

Plus précisément : qui vise à agir sur les causes profondes des phénomènes et des structures que l’on veut modifier. Contrairement à ce que certains prétendent, nous ne pensons pas qu’il y ait une explication monocausale des processus sociaux, une clé qui permettrait de tout comprendre de ce monde, ni même un penseur (Marx par exemple !) qui ait tout saisi et dont l’exégèse des textes suffirait à appréhender le système dominant – d’où la nécessité de se pencher sur les œuvres de plusieurs penseurs, 20 dans notre cas.»

Du choix de ces «20 penseurs vraiment critiques», on ne discutera pas en déplorant l’absence de Michel Clouscard, d’André Gorz, de Jaime Semprun, de Pierre Legendre, du Leo Strauss de Nihilisme et politique ou du Georges Bernanos de la France contre les robots, eux aussi inclassables, eux aussi trop peu lus. Choisir, c’est toujours renoncer.

Et c’est déjà très audacieux de proposer une panoplie théorique mêlant des figures tutélaires (George Orwell et Simone Weil), des penseurs disparus (Günther Anders, Cornelius Castoriadis, Bernard Charbonneau, Jacques Ellul, Ivan Illich, Christopher Lasch, Herbert Marcuse, Lewis Mumford, François Partant et Pier Paolo Pasolini) et des témoins du présent (Zygmunt Bauman, Dany-Robert Dufour, Michela Marzano, Jean-Claude Michéa, Moishe Postone, Richard Sennett, Lucien Sfez et Vandana Shiva).

Il y a quelque chose d’éminemment sympathique dans les milieux libertaires, c’est la volonté de ne pas séparer les questions politiques des questions culturelles. On note la présence de beaucoup d’écrivains et d’artistes au sommaire de Radicalité. Par-delà le brainstorming, la quête du beau. Pour Orwell et Pasolini, cela allait de soi, mais on a parfois l’impression que cet élan, réellement émancipateur pour le coup, s’est un peu perdu.

Ou alors que Bourdieu et Derrida ont réussi à convaincre des générations d’épigones stériles qu’il y avait quelque chose de bourgeois dans la délectation esthétique et le fait de promouvoir un art de grand style – comme si le peuple et les pauvres n’avaient pas droit aux belles choses eux aussi. «Le divorce de la littérature et du savoir est une plaie de notre époque et un aspect caractéristique de la barbarie moderne où, la plupart du temps, on voit des écrivains incultes tourner le dos à des savants qui écrivent en charabia», observait un jour Simon Leys, naturellement convoqué dans le volume à propos de George Orwell.

D’une parfaite sensibilité et d’une extrême précision théorique, le texte que François Bordes consacre à l’auteur de 1984 est un bonheur. On a beau dire, partir en quête de sentiers inédits et de chemins de traverse, il faut toujours en revenir à George Orwell. Il a compris le premier que le grand malheur du socialisme – dont le programme élémentaire pourrait être : nationalisation des banques et des principales industries, resserrement de l’éventail des revenus, mise en place d’un système d’éducation sans privilèges de classe – est d’avoir été associé à l’idée de progrès technique.

Contre l’héritage des intellectuels progressistes, qui ont permis au capitalisme d’accomplir ses plus grands bonds en avant en encourageant l’arrachement des individus à l’ancienne morale et la fin des formes de sociabilité liées à la pudeur, la délicatesse et la retenue, c’est à une tradition anarchiste multiple et colorée que nous engagent à faire retour les contributeurs de Radicalité.

La crise de l’homme

Tous plus ou moins passés par Marx, les «20 penseurs vraiment critiques» du livre se sont libérés des lectures dogmatiques de son œuvre. A l’instar de Christopher Lasch, Cornelius Castoriadis, Moishe Postone ou Jean-Claude Michéa, ils ont fait valoir leur droit d’inventaire et ont proposé des interprétations singulières mettant généralement l’accent sur les Manuscrits de 1844 et la théorie de l’aliénation, laissant Jacques Ellul un peu seul à lire l’œuvre de Marx comme un bloc.

Le projet marxiste n’échoua pas par «défaut de ligne droite», comme dans l’Education sentimentale de Flaubert, mais justement parce que sa ligne théorique était trop droite. Ses adeptes se fourvoyèrent en regardant l’histoire des hommes comme une route fléchée par le progrès industriel et le développement des forces de production. Il aura fallu beaucoup d’expériences malheureuses pour en convenir : Marx fut le penseur de la technique – par là, il continue d’être essentiel -, mais pas celui de la vie.

Les penseurs de la vie, ce sont Pasolini célébrant «la scandaleuse force révolutionnaire du passé», Bernard Charbonneau scrutant le mystère du monde, Simone Weil envisageant le salariat moderne comme un «travail sans lumière d’éternité, sans poésie, sans religion», ou Richard Sennett invitant les individus à réduire leurs désirs dévorants en se considérant partout sur la Terre comme déplacés et étrangers.

C’est également Günther Anders, terrifié par la destruction des ressources naturelles, la prolifération des armes nucléaires et l’autonomisation de la technique, affichant un pessimisme assumé : «L’homme peut apprendre beaucoup de choses, mais il n’a jamais appris à désapprendre […] et il ne l’apprendra jamais.»

Robert Oppenheimer avait dit à peu près la même chose en 1954 devant une commission officielle : «Si vous voyez quelque chose de techniquement alléchant, vous allez de l’avant et vous le faites ; vous ne discutez de son usage qu’une fois la réussite technique acquise. C’est ainsi que ça s’est passé avec la bombe atomique.» Pour se déprendre de l’imaginaire de la maîtrise et de la volonté de puissance, l’homme occidental a beaucoup à gagner à entendre les sagesses orientales.

Ecoutez Vandana Shiva : «Contrairement au mythique Atlas, nous ne portons pas la Terre, c’est la Terre qui nous porte.» Avec une force de conviction qui s’est perdue dans l’Occident marchand, où les intellectuels contestataires se satisfont de jouer une petite musique consolatrice sans lien avec la peine des hommes, l’inspiratrice de l’écoféminisme dénonce «l’application de paradigmes technicistes à la vie» et la destruction de la biodiversité par «le contrôle des populations, l’atomisation des communautés, la réduction de la nature à un stock de matières premières et les exploitations de classe, de race et de genre».

Ainsi la crise n’est-elle pas seulement dans le mode d’accumulation de capital, mais dans l’homme. Résigné à mener une vie simplifiée, l’individu renonce à son autonomie, comme l’avait pressenti Cornelius Castoriadis, témoin extralucide de «la montée de l’insignifiance» dans des sociétés dominées par un modèle social unique, «celui de l’individu qui gagne le plus possible et jouit le plus possible».

Qui sait aujourd’hui critiquer ce modèle saura peut-être le liquider demain.

Sébastien Lapaque, Marianne2.fr

—-

radicalite
Radicalité, 20 penseurs vraiment critiques, coordonné par Cédric Biagini, Guillaume Carnino et Patrick Marcolini, L’Echappée, 400 p., 25 €.

Quatrième de couverture : »Notre époque a la critique qu’elle mérite. Les pensées des intellectuels contestataires convoqués par les médias, révérés à l’université, considérés comme subversifs dans le monde militant – de Gilles Deleuze à Alain Badiou en passant par Toni Negri – participent au déploiement du capitalisme avancé. En s’acharnant à détruire les modes de vie et de production traditionnels, en stigmatisant tout lien avec le passé, en exaltant la mobilité, les processus de modernisation incessants et la puissance libératrice des nouvelles technologies, cette fausse dissidence produit les mutations culturelles et sociales exigées par le marché. Percevoir le libéralisme comme un système foncièrement conservateur, rétrograde, autoritaire et répressif entretient le mythe d’une lutte entre les forces du progrès et celles du passé.

A contrario, d’autres penseurs conçoivent le capitalisme comme un fait social total qui développe l’esprit de calcul, la rationalité instrumen-tale, la réification, l’instantanéité, le productivisme, la dérégulation des rapports humains, la destruction des savoir-faire, du lien social et de la nature, et l’aliénation par la marchandise et la technologie. Ce livre nous présente, de manière simple et pédagogique, les réflexions de vingt d’entre eux. Il nous fournit ainsi les armes intellectuelles pour ne pas servir le capitalisme en croyant le combattre, et pour en faire une critique qui soit vraiment radicale. »

Publié dans Citations

La mort du voyage

693071587_small

« Celui qui s’est déplacé par des moyens primitifs dans un pays peu développé sait qu’il y a, entre ce type de voyage et les voyages modernes en train, auto, etc., autant de différences qu’entre la vie et la mort. Le nomade qui se déplace à pied ou à dos d’animal, avec ses bagages chargés sur un chameau ou une voiture à bœufs, éprouvera peut-être toutes sortes de désagréments, mais au moins il vivra pendant ce temps. Mais celui qui roule à bord d’un train express ou vogue à bord d’un paquebot de luxe ne connaît en fait de voyage qu’un interrègne, une sorte de mort temporaire. Et pourtant, du moment que les chemins de fer existent, il faut bien voyager en train, en avion ou en voiture. Supposez que je me trouve à soixante kilomètres de Londres. Si je veux rejoindre la capitale, qu’est-ce qui m’empêche de charger mes bagages sur un mulet et de faire le trajet à pied, au prix de deux jours de voyage ? Tout simplement le fait que les autocars de la Green Line, me passant toutes les dix minutes au ras des oreilles, transformeraient mon équipée en une fastidieuse corvée. Pour apprécier les modes de déplacements primitifs, il faut qu’il n’y ait pas d’autres moyens disponibles. Aucun être au monde ne recherche la difficulté pour la difficulté. »

Georges Orwell, Le Quai de Wigan