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Les dégâts du plastique

Piège de plastique – Dailymotion

« Après s’être intéressée à la recette du Coca Cola et à ce qui se cachait derrière la fabrication d’une tranche de jambon, l’Emmerdeuse (Olivia Mokiejewski) a décidé d’enquêter sur notre consommation de plastique et ses conséquences : 260 millions de tonnes de plastique sont produits chaque année dans le monde. Le problème c’est qu’on est tous devenu accroc… Et qu’aujourd’hui, on n’arrive plus à s’en débarrasser !

La première victime de cette surconsommation est la mer. Elle est devenue une poubelle de plastique, soit 80 % des déchets trouvés en mer.
Mais en réalité, le plastique est partout : il voyage dans les rivières, les fleuves, dans les airs, il se fragmente, si bien que parfois on ne le voit même plus. Il étouffe et empoisonne les animaux et pollue l’environnement.

D’où viennent ces déchets ou ces marées noires de granulés de plastique qui finissent leur voyage dans le milieu naturel ?
Olivia Mokiejewski a voulu savoir ce qui se cachait derrière ce monde pourtant plus fun, plus simple et plus résistant, derrière cette invention géniale qui aujourd’hui nous envahit.

Fidèle à son tempérament d’éternelle insatisfaite, notre Emmerdeuse a découvert sous le palais des Festivals de Cannes et ses paillettes…une drôle de décharge ! Elle n’a pas hésité à demander des comptes à une usine de fabrication de plastique peu soucieuse de ses rejets ! Enfin, elle ne s’est pas satisfaite des beaux discours des communicants de cette industrie pour s’enquérir des effets du plastique dans notre alimentation !

Car de nouvelles questions se posent désormais. Le plastique est il entré dans notre chaîne alimentaire ? Est ce que nous aussi nous en mangeons ? Ne sommes nous pas contaminés par le plastique qui nous entoure ? Qu’en est-il de ces phtalates présents dans le plastique ?

Pour les uns, pas de panique, tout est « under control » mais Olivia n’en est pas si sûre et poursuit sa quête.
Bon nombre de voix légitimes s’élèvent aujourd’hui et affirment que le consommateur n’est pas suffisamment protégé. Alors l’Emmerdeuse pose la question : et si on essayait d’en consommer moins ? »

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Pas de transition énergétique sans sortie du nucléaire !

badgenonmerci

« Nucléaire ou transition énergétique : un choix s’impose

Les centrales nucléaires françaises ont été conçues pour fonctionner environ 30 ans. Mais EDF veut prolonger leur fonctionnement à 50, voire 60 ans, au mépris des risques. Pour cela, EDF envisage un énorme programme de travaux qui n’empêcheront pas le vieillissement inéluctable des réacteurs.

Un choix s’impose aujourd’hui : soit engloutir des milliards d’euros dans ce rafistolage aussi coûteux que dangereux, soit investir ces sommes dès maintenant dans une véritable transition énergétique (économies d’énergie et énergies renouvelables) et commencer par fermer dès maintenant les réacteurs les plus vieux.

Ne laissons pas l’industrie nucléaire faire la loi sur la transition énergétique !

Cet été, le gouvernement a présenté un projet de « loi de transition énergétique pour la croissance verte » qui est débattu au Parlement du 1er au 11 octobre 2014.

Censé permettre une véritable transition et une réduction de la part du nucléaire, ce projet de loi, en l’état actuel, laisse les clefs de la politique énergétique française à EDF, rien n’étant prévu pour l’obliger à fermer ses centrales vieillissantes.

Ne laissons pas EDF écrire sa loi du nucléaire !

Ce que nous exigeons :

– l’arrêt immédiat des réacteurs qui ont dépassé les 30 ans de fonctionnement
– l’arrêt définitif du programme EPR et de tout projet de renouvellement du parc nucléaire
– l’adoption d’un objectif impératif de réduction de 20 % de la consommation finale d’électricité à l’horizon 2025
– la reprise en main effective, par le Gouvernement et le Parlement, de la politique énergétique du pays et la possibilité, pour l’exécutif, de décider l’arrêt de réacteurs pour des raisons de politique énergétique »

Signer la pétition initiée par le réseau « Sortir du nucléaire »

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Neuf raisons de sortir du nucléaire :

1 Danger accidentel

En quelques décennies, 5 réacteurs nucléaires ont connu un accident nucléaire majeur : c’est 300 fois plus que les prédictions de l’industrie nucléaire.

Selon André-Claude Lacoste, président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire : « Personne ne peut garantir qu’il n’y  aura jamais en France un accident nucléaire. »

Nos réacteurs nucléaires ont été conçus pour fonctionner 30 ans. Plus d’une vingtaine ont déjà dépassé cette durée
et l’État a décidé de les prolonger 10 ans de plus. Pourtant « les accidents graves n’ont pas été considérés lors de leur conception », selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire…

Entre 1986 et 2004, Tchernobyl a causé 1 million de morts selon une étude approfondie de la littérature scientifique internationale, publiée par l’Académie des Sciences de New York.

Les autorités japonaises ont reconnu officiellement que 30 000 km2, soit 8 % du pays, sont contaminés. Et en réalité ?

Les sites nucléaires sont vulnérables à des attentats de type « 11 Septembre » et à des attaques informatiques. Ils sont très mal protégés : de simples activistes non-violents parviennent à s’y introduire.

2 Dépendance énergétique

100 % de l’uranium utilisé par les réacteurs français est importé, exactement comme le pétrole.

Au rythme actuel de consommation du parc nucléaire mondial, les réserves d’uranium exploitables seront épuisées dans 60 ans.

Chaque hiver, la France importe massivement de l’électricité depuis l’Allemagne… qui, elle, est en train de sortir du nucléaire.

3,5 millions de ménages français sont en situation de précarité énergétique.

L’électricité nucléaire est produite en seulement 19 points du territoire français. Ultra-centralisé, le réseau électrique est vulnérable à des pannes massives.

3 Dégradation du climat

Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, une relance massive du nucléaire au niveau mondial ne pourrait contribuer au maximum qu’à 4 % de l’effort de réduction des gaz à effet de serre.

À investissement égal, l’efficacité énergétique et certaines énergies renouvelables sont jusqu’à 11 fois plus performantes que le nucléaire pour réduire les gaz à effet de serre.

En accaparant des dizaines de milliards d’euros de subventions et d’investissements publics, le nucléaire prive de financements les vraies solutions contre le changement climatique.

C’est dès à présent, de façon pressante et bien avant 2050, qu’il faut réduire drastiquement les émissions mondiales de CO2. Or il faut 10 ans pour construire un seul réacteur nucléaire…

Les réacteurs sont très vulnérables aux sécheresses et aux inondations. Un quart du parc nucléaire français a dû être arrêté en 2003 à cause de la canicule estivale, et Bordeaux a failli être évacuée suite à l’inondation de la centrale du Blayais lors de la tempête de 1999. Nous avons déjà fort à faire pour lutter contre la dégradation du climat, ne rajoutons pas de nouveaux accidents nucléaires !

4 Déchets radioactifs

1200 tonnes de déchets radioactifs sont produits chaque année par les réacteurs nucléaires français. Certains resteront dangereux pendant des millions d’années.

Les déchets nucléaires ne sont pas recyclables. Historiquement, les combustibles usés ont été retraités uniquement pour récupérer le plutonium afin de fabriquer des bombes H ! Les usines de « retraitement » de La Hague ne réduisent pas la quantité de déchets radioactifs : elles l’augmentent.

Le plutonium reste radioactif pendant 234 900 ans. En respirer un millionième de gramme suffit à déclencher un cancer du poumon.

Plus de 200 millions de tonnes de déchets radioactifs liés à l’exploitation minière passée et à la fabrication du combustible sont dispersées en France.

Selon Claude Allègre, ex-directeur du Bureau de Recherche Géologique et Minière : « Enfouir en profondeur des
déchets radioactifs, c’est prendre le risque de les voir se disperser et contaminer le sous-sol. »

5 Déni de démocratie

À coups de millions d’euros, le gouvernement et le lobby nucléaire se livrent à une véritable « corruption légale » pour s’assurer le soutien des élus des zones pressenties pour implanter des sites nucléaires.

Les transports de déchets nucléaires traversent de nombreuses villes… dont même les maires et les services de sécurité ne sont pas informés !

Le développement massif du parc nucléaire français a été lancé en 1974 sans que les citoyens ni les députés ne soient consultés.

Sondage après sondage, les Français se déclarent en majorité favorables à la sortie du nucléaire. Et pourtant… nous y sommes toujours !

6 Destruction massive

Selon Mohammed El-Baradei, ex-directeur de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique : « Tout pays a le droit
d’enrichir l’uranium s’il annonce que c’est pour la production d’électricité. Or l’enrichissement est un programme militaire latent. »

Selon Al Gore, ex-Vice-Président des États-Unis : « Au cours des huit années que j’ai passées à la Maison Blanche, tous les problèmes de prolifération des armes nucléaires auxquels nous avons été confrontés étaient liés à un programme nucléaire civil. »

À cause du « retraitement » des combustibles, 82 tonnes de plutonium sont stockées à La Hague. Il suffit de quelques kilos pour fabriquer une bombe H.

En cas de guerre, les centrales nucléaires seraient de véritables bombes pré-déployées et prêtes à exploser sur notre territoire.

7 Déficit commercial

En 60 ans, la France a construit 70 réacteurs nucléaires sur son sol, mais n’a réussi à en exporter que onze…

Areva n’a toujours pas achevé un seul des 4 réacteurs EPR en chantier dans le monde. Le plus avancé, en construction à Olkiluoto (Finlande), accuse 4 ans de retard et 3 milliards de surcoût… qui seront couverts par le contribuable français !

Tous les réacteurs français utilisent la technologie « à eau sous pression », sous licence de l’industriel américain Westinghouse.

Areva ne maîtrise pas la technologie de centrifugation utilisée pour enrichir l’uranium dans sa nouvelle usine George Besse II au Tricastin : elle a acheté une « boîte noire » au consortium anglo-néerlandais Urenco.

98 % des contrats de retraitement de combustibles étrangers à La Hague sont arrivés à terme. Il est peu probable
que de nouveaux contrats soient signés à l’avenir…

8 Dommages sanitaires

Il y a 2 fois plus de leucémies infantiles dans un rayon de 5 km autour des centrales.

Les mines d’uranium contaminent l’environnement et la population au Niger, au Kazakhstan, en Australie, au Canada, …

Les travailleurs du nucléaire ne bénéficient pas d’un suivi médical suffisant, et leurs maladies professionnelles ne sont ni reconnues ni indemnisées.

9 Dépenses astronomiques

La surconsommation électrique est particulièrement importante en France : un ménage français consomme ainsi 34 % de plus qu’un ménage allemand ! Malgré un prix unitaire du kWh artificiellement bas, nos factures électriques sont donc plus élevées que celles de la plupart des européens. Et une augmentation de 30 % du prix du kWh est programmée d’ici 2016…

Selon François Roussely, ex-PDG d’EDF : « C’est au contribuable de payer la recherche et le développement du
nucléaire, sinon le kWh d’électricité nucléaire ne serait plus compétitif. »

Au fil des décennies, les coûts de construction, d’exploitation et de maintenance des réacteurs nucléaires ne cessent d’augmenter. Un nouveau réacteur coûte aujourd’hui près de 5 fois plus qu’il y a 25 ans…

Le coût de construction du réacteur EPR en chantier à Flamanville est déjà passé de 3 à 8,5 milliards d’euros… et sa construction est loin d’être terminée.

Plus de 200 milliards d’euros : c’est ce qu’a déjà coûté le parc nucléaire français selon la Cour des Comptes. Les coûts futurs sont extrêmement incertains, mais se monteraient au minimum à 135 milliards… sans compter la construction de réacteurs pour remplacer ceux qui arrivent en fin de vie.

Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, une catastrophe nucléaire comme Fukushima ou Tchernobyl coûte de 600 à 1 000 milliards d’euros. Or, en cas d’accident, EDF n’est assuré qu’à hauteur de… 92 millions !

Source : http://www.sortirdunucleaire.org/spip.php?page=Une-France-sans-nucleaire-ca-marche

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Les solutions pour sortir du nucléaire :

1) La sobriété …

Reconsidérons nos consommations d’énergie à l’échelle sociale et individuelle. Privilégions les plus utiles, restreignons ou supprimons celles qui sont inutiles ou nuisibles.

2) L’ efficacité …

Mettons en œuvre les techniques les moins énergivores pour fournir un service donné. Investir pour économiser 1 kWh revient jusqu’à 10 fois moins cher que de le produire !

3) Les renouvelables
et la cogénération …

Transformons notre système énergétique centralisé, nucléarisé et « fossilisé » en un système décentralisé, basé sur les énergies renouvelables et sur la cogénération de chaleur et d’électricité.

Plus de détails ici :

http://www.sortirdunucleaire.org/spip.php?page=Une-France-sans-nucleaire-ca-marche

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Les nouvelles technologies ont un lourd impact sur l’environnement

« En 2008, l’entreprise américaine de conseil et d’analyse Gartner Inc. (….) révèle que le secteur des TIC (technologies de l’information et de la communication) est à l’origine d’une quantité de gaz à effet de serre comparable à celle produite par l’aviation : 2% des émissions globales. »

« L’emprise directe des nouvelles technologies sur la nature se répartit en trois grandes catégories : énergie, matières et toxiques. Elle se produit à toutes les étapes du cycle de vie : extraction des matières premières, raffinage, fabrication des composants puis du produit, arrivée sur les circuits de distribution et de vente, publicité, usage, stockage, mise au rebut, collecte, traitement en fin de vie, avec ou sans recyclage. »

« L’utilisation des nouvelles technologies a une « face cachée », souvent inconnue du grand public : le déploiement d’infrastructures, de taille très variable, allant des stations téléphoniques de base aux réseaux et aux centre de données (data centers). Ces centres, véritables « usines du numérique », sont la traduction la plus évidente de l’impact physique du numérique. Il s’agit de sites de stockage de systèmes informatiques souvent gérés par des entreprises – que ces sites soient externalisés ou non – où sont regroupés des équipements tels que des ordinateurs centraux et des serveurs. Bien que de taille très variable – nous y reviendrons -, ils sont par nature très énergivores : ces appareillages électroniques sophistiqués sont de gros consommateurs d’électricité, et réclament un système de climatisation important. On estime qu’un data center moyen consomme autour de quatre mégawatts par heure, ce qui équivaut environ à la consommation de 3000 foyers américains, et qu’à l’échelle mondiale, les data centers représentent 1,5% de la consommation électrique, soit l’équivalent de la production de 30 centrales nucléaires ! »

« Une étude [montre pour la France] une part des TIC à 14% de la consommation électrique (58 térawattheures), soit près de sept centrales nucléaires ! Cela représente près de 5% des émissions annuelles de gaz à effet de serre en France ; ces 5% représentent 500 kilos de gaz à effet de serre par personne : c’est le quota auquel chaque être humain aurait droit, si la capacité de la biosphère était divisée par le nombre d’habitants… Le journaliste essayiste Nicholas Carr montrait qu’un avatar sur Second Life consomme autant d’énergie qu’un Brésilien moyen, soit 1750 kilowattheures ! (…) Comment un tel phénomène a-t-il pu passer inaperçu ? La raison est aussi simple que déprimante : l’arrivée des TIC a totalement annulé les gains énergétiques obtenus sur tous les autres équipements énergétiques domestiques depuis quinze ans ! »

« Au niveau mondial, les ordinateurs fixes et portables ainsi que leurs périphériques représentent une grosse moitié de la contribution des TIC aux émissions de gaz à effet de serre, le reste étant le fait de l’infrastructure télécom pour un quart et des centres de données pour le quart restant. »

*

« A l’échelle de l’Hexagone, l’énergie utilisée par les centres de données représente 1% de la consommation d’électricité. A Paris, l’un des plus gros clients d’EDF est un centre de données. »

« L’Europe compterait autour de sept millions de centres de données. Google possède à lui seul 900 000 serveurs, répartis sur 32 sites, et son plus gros centre consomme autant qu’une ville de 200 000 habitants. L’énergie consommée par un centre de données se répartit à moitié pour la climatisation et à moitié pour les serveurs eux-mêmes »

« une étude récente réalisée par l’entreprise Digital Realty Trust, fournisseur de data centers, estime que le PUE (power usage effectiveness) moyen des data centers européens n’est que de 2,53, loin du 1 qu’il faudrait atteindre dans l’idéal. Le PUE est un outil permettant de comparer la quantité d’énergie qui entre dans le centre à la quantité d’énergie utilisée par les équipements informatiques : un PUE de 1 indique que 100% de l’énergie consommée dans le centre l’est effectivement pour l’alimentation des serveurs. Un PUE de 2,53 indique au contraire que pour un kilowattheure d’électricité, il faut en dépenser 2,53 fois plus pour de la consommation « périphérique » d’électricité, c’est-à-dire dans l’éclairage du bâtiment, le refroidissement, etc. Les data centers sont donc loin d’être des modèles en matière d’écologie. »

*

« La consommation [des TIC] est pour moitié le fait des ménages et pour moitié le fait des entreprises et des activités intermédiaires. Pensons à l’usage immodéré que nous faisons parfois des messageries, dans le contexte professionnel ou privé. BIO IS a calculé que vingt messages accompagnés d’une pièce jointe de un mégaoctet par jour et par personne représenteraient annuellement les émissions de CO2 équivalentes à plus de 1000 kilomètres parcourus en voiture. Or ce sont 294 milliards de courriers électroniques qui étaient envoyés chaque jour dans le monde en 2010, en incluant les spams, chiffre qui devrait grimper à 507 milliards en 2013 ! »

« En plus de la pollution occasionnée par les émissions de gaz à effet de serre, le secteur des nouvelles technologies produit aussi d’énormes quantités de déchets physiques. La production globale des déchets électriques et électroniques (DEEE) était estimée en 2009 à environ 40 millions de tonnes par an. Elle est essentiellement le fait de l’Europe, des Etats-Unis et de l’Australie. (…) Pour l’Union européenne, et malgré les imprécisions, l’estimation la plus fréquente est de huit kilogrammes de déchets TIC par personne et par an. En France, pays très bien équipé, en incluant dans les déchets TIC certains appareils électroménagers (frigos, machines à laver, etc.) on arrive à 24 kilogrammes ! 80 % des déchets de ce type viennent des ménages, 20% des entreprises. (…) Et encore nous ne parlons ici que du déchet final ! Le produit dont dispose le consommateur ne représente que 2% de la masse totale des déchets générés tout au long du cycle de vie. Un ordinateur, au cours de son élaboration, réclame un grand nombre de ressources. La seule fabrication d’une puce de deux grammes implique le rejet de deux kilogrammes de matériaux environ, soit un facteur 1000. (…) Il faut ajouter que les déchets produits par les TIC sont toxiques, et difficilement recyclables du fait de leur composition. La liste des matériaux fréquemment utilisés en longue : mercure, plomb, cadmium, chrome, PBB (diphényls polybromés) et PBDE (éthers diphényls polybromés), PVC (dont la combustion peut former des dioxines), baryum (utilisé dans les écrans cathodiques pour protéger l’utilisateur des radiations), beryllium, phosphore et additifs pour la luminescence des écrans. En 2000, les équipements électriques et électroniques utilisaient 22% de la consommation mondiale de mercure, entre 1,5% et 2,5% des consommations de plomb et une quantité importante de cadmium, de PBB et PBDE et de retardateurs de flamme. »facecacheenumerique

« Le processus de fabrication des TIC n’est pas très propre non plus : il nécessite l’utilisation de solvants, d’acides, de métaux lourds et de composés organiques volatils. Les effets de ces toxiques ne sont pas massifs : les morts ne s’empilent pas dans les rues. Mais ils contaminent l’environnement, notamment en s’accumulant dans les chaînes alimentaires. Ils relèvent de ce qu’on appelle la problématique des « faibles doses » : l’exposition est faible mais chronique, et les effets ne sont pas « aigus » comme ils pourraient l’être par exemple en cas d’ingestion massive de phtalates ou de béryllium. Les effets de ces « faibles doses » sont largement débattus, mais il n’est pas impossible qu’ils aient une importance pour des enjeux de santé publique de première ampleur, tels que la progression de la stérilité humaine ou de certains cancers. »

*

« Alex Wissner Gross, de Harvard, affilié au Media Lab du prestigieux Massachusets Institute of Technology, avait évalué l’impact d’une recherche sur Google à sept grammes de CO2, la moitié de ce qu’il faut pour chauffer une tasse de thé. (…) Pourquoi ? Parce que Google, pour donner une réponse rapide, doit dupliquer le Web tout entier sur ses deux millions de serveurs ! »

*

« [Le rapport] SMART 2020 annonçait dans [le] secteur [du livre] un gain de 70 millions de tonnes de CO2 au niveau mondial, grâce au e-paper. Pourtant, lire un livre dans une bibliothèque est, de l’avis de tous, l’activité la moins coûteuse sur le plan énergétique. Une étude montre que lire un journal consomme autant d’énergie que regarder trois heures de télévision. On peut même considérer qu’à partir de 50 pages lues sur écran, mieux vaut lire sur papier. L’étude BIO IS pour l’Ademe montre que si le temps de lecture du document n’excède pas deux à trois minutes par page, la lecture à l’écran est celle qui a le moins d’impact sur le changement climatique. Au-delà, éteindre l’ordinateur et imprimer le document en noir et blanc, recto verso et deux pages par feuille devient préférable pour réduire les émissions.»

Fabrice Flipo, Michelle Dobré et Marion Michot, La face cachée du numérique. L’impact environnemental des nouvelles technologies, Editions L’échappée, 2013

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Le téléphone portable, gadget de destruction massive

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« Derrière sa façade clinquante, le téléphone portable est un concentré de nuisances. D’abord à cause de ses puces électroniques. Eric D. Williams, chercheur à l’université des Nations unies, à Tokyo, a mesuré les éléments nécessaires à la fabrication d’une puce de deux grammes. Résultat : 1,7 kilo d’énergie fossile, 1 mètre cube d’azote, 72 grammes de produits chimiques et 32 litres d’eau. Par comparaison, il faut 1,5 tonne d’énergie fossile pour construire une voiture de 750 kg. Soit un ratio de 2 pour 1, alors qu’il est de 630 pour 1 pour la puce. (Libération 21/11/02).

« Ce n’est pas tout. Outre ses puces, votre téléphone a besoin de condensateurs en coltan (ou colombo-tantalite), un minerai malléable, résistant à la chaleur et à la corrosion. Celui-ci est extrait notamment en République Démocratique du Congo (RDC), où se trouvent les plus importants gisements mondiaux.

Comme les diamants, le coltan a été au centre d’une guerre pour le contrôle des ressources qui a tué plus de 3,5 millions de personnes dans sept pays depuis 1998. « Tout une série d’entreprises se sont créées dans cette zone, en association avec les grands capitaux transnationaux, les gouvernements locaux et les forces militaires (de l’Etat ou de la guérilla) qui se disputent le contrôle de la région concernant l’extraction du coltan et d’autres minerais. L’ONU n’hésite pas à affirmer que ce minerai stratégique finance une guerre que l’ancienne Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Madeleine Albright, a dénommée « la première guerre mondiale africaine ». » (World Rainforest Movement, http://www.wrm.org.uy)

Au Congo, de nombreux enfants sont retirés de l’école pour travailler dans les mines de coltan. Le minerai est acheté aux rebelles et à des compagnies minières hors-la-loi par des sociétés internationales, dont Cabot Inc. aux Etats-Unis, HC Starck en Allemagne (filiale de Bayer), et Nigncxia en Chine. Ces sociétés transforment le minerai en une poudre qu’elles vendent à Nokia, Motorola, Ericsson, Sony, Siemens et Samsung.

Conclusion qui ne figure pas sur la notice de votre portable : « Il semble évident que les consommateurs du Nord, soit la majeure partie de la demande solvable et les derniers maillons de la chaîne, ont en partie contribué indirectement à la poursuite du conflit en RDC. » (« La route commerciale du coltan congolais : une enquête », Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique (Grama), université de Québec, 2003)

Le journaliste africain Kofi Akosah-Sarpong a même exprimé que « le coltan, généralement parlant, n’est pas en train d’aider les habitants locaux. En réalité, il est la malédiction du Congo ». Il a également révélé que des évidences de contamination par ce minéral existent et que celles-ci signalent le rapprochement entre le coltan et les déformations congénitales des bébés de la zone minière qui naissent avec les jambes de travers. » (World Rainforest Movement, http://www.wrm.org.uy)

Les mines de coltan sont situées en majorité dans l’est de la RDC, dans la région du Kivu, sur le territoire des derniers gorilles des plaines, des okapis et des éléphants. Bilan de l’activité minière : saccage des forêts et des cours d’eau et massacres d’animaux. Au rythme actuel, les spécialistes estiment à 10 ou 15 ans maximum l’espérance de survie des gorilles. (Sciences et Avenir Juin 2004). »

« Changer de téléphone signifie jeter son téléphone. Depuis le lancement de ce gadget sur le marché, 500 millions d’exemplaires ont déjà été jetés (130 millions rien qu’aux Etats-Unis en 2005), grossissant les montagnes de déchets électroniques et électriques (DEEE). En France, nous en produisions 25 kg par personne en 2001, et ce chiffre doit doubler d’ici 2013. « Or, ces déchets sont loin d’être anodins. Ils concentrent un mélange complexe de matières et de composants particulièrement toxiques. Métaux lourds, cadmium, mercure, et plomb en grande quantité. Ces substances, ennemies de longue date de l’air, des sols et des nappes phréatiques, menacent également la santé des êtres vivants. Quelques mois suffisent pour qu’un téléphone mobile dernier cri et un ordinateur ultra-performant se métamorphosent en bombes à retardement pour l’environnement. » (Le Figaro Magazine 07/07/01) »

« L’étude européenne Réflex, dont les résultats furent dévoilés le 8 décembre 2004 par la fondation allemande Verum, a été financée par l’Union européenne et par les gouvernements suisse et finlandais. Elle a mobilisé douze laboratoires pendant quatre ans. Ses conclusions : « Les champs électromagnétiques générés par les antennes des téléphones portables provoquent indirectement des ruptures dans les brins d’ADN de cellules humaines et animales. Ils vont même jusqu’à perturber la synthèse de certaines protéines. »  Ces impacts apparaissent pour des doses d’énergie inférieures aux seuils définis par la législation française (2 watts par kilo, d’après la recommandation de la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants). (…) Un chercheur belge, Luc Verschaeve, du Vlaamse Instelling voor Technologish Onderzoek, explique que les ondes atteignent, à deux centimètres de profondeur, la zone la plus sensible du cerveau : le cortex, provoquant une élévation de sa température d’environ un degré Celsius. Bref, la tête dans le micro-ondes.  « Si l’on téléphone régulièrement et pendant de longues périodes il n’est pas impossible que l’effet thermique finisse par léser l’ADN cellulaire et provoquer des tumeurs cancéreuses » (Science et Vie Avril 1999) »

« Les dégâts sanitaires de la téléphonie mobile seront sans doute niés aussi longtemps que ceux du tabac. Si votre cerveau flanche, c’est que vous vieillissez. Il sera peut-être plus difficile à l’industrie de réfuter sa responsabilité dans l’autre catastrophe en cours, qui nous menace tout autant : la disparition des abeilles. Outre l’efficacité insecticide sans égale des Gaucho, Regent et autres pesticides systémiques, la pollution électromagnétique semble avoir sa part dans le « syndrome d’effondrement des ruches », plus encore depuis l’apparition de la téléphonie « 3G », au débit plus élevé. Pour mémoire, 60 à 90 % des colonies domestiques ont disparu aux Etats-Unis depuis 2006. Les agriculteurs américains doivent importer des ruchers pour assurer la pollinisation de leurs arbres fruitiers. Même drame en Europe depuis une dizaine d’années : les abeilles disparaissent sans laisser de trace. Or, nous rappellent des chercheurs rabat-joie, celles-ci utilisent les champs magnétiques terrestres pour s’orienter, et émettent des signaux électromagnétiques d’une fréquence de 180 à 250 Hz lors de leurs danses de communication.
Expérience : placez quatre essaims d’abeilles à 800 mètres de leurs ruches respectives. Exposez deux des quatre ruches aux émissions d’un téléphone sans fil, laissez les deux autres tranquilles. Observez les abeilles. Résultats obtenus par l’équipe des professeurs Stever et Kuhn de l’université allemande de Koblenz-Landau : les deux premiers essaims retrouvent fort mal, voire pas du tout leur ruche communiquante, tandis que les deux autres s’en sortent très bien. On vous aura prévenus.
Rappelons modestement aux pros de la « 3G », du Bluetooth et du Wifi que les abeilles sont ces insectes pollinisateurs qui, en butinant les fleurs, assurent la fécondation indispensable à l’apparition de fruits et légumes. Un tiers du volume de ce que nous mangeons, pour être précis. Mais on ne peut pas tout avoir : des tomates et l’iPhone.

Pièces et main d’oeuvre, Le téléphone portable, gadget de destruction massive [ouvrage consultable dans son intégralité ici]

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La société cancérophile

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« [La plupart des substances cancérigènes] se trouve dans l’air que nous respirons, dans nos assiettes, nos jardins ou nos maisons. (…) Leur usage et leur prolifération ont accompagné le chant des sirènes promettant toujours plus de confort, de croissance et de bonheur. La flambée des cancers professionnels, la banalisation des substances toxiques et la dissémination des dioxines jusque dans le lait maternel témoignent pourtant de choix collectifs dédiés à tout prix à la productivité. »

« Peu après les attentats du 11 septembre 2001 à New York, les Etats-Unis d’Amérique ont inventé un nouveau concept : la consommation patriotique. Il s’agissait de consommer encore davantage, pour faire tourner l’économie et rendre ainsi son plus brillant moral au pays meurtri. Le citoyen poussant son Caddie devenait ainsi la figure de proue de l’esprit national, le héros des Temps modernes, une sorte de général Custer de la civilisation en marche contre la barbarie, prêt à lutter jusqu’au bout pour son flacon de ketchup ou son lecteur DVD. Que n’applique-t-on de tels remèdes aux divers désastres qui s’abattent en pluie sur cette partie du monde ? En s’interrogeant sur la question de la santé en France, on pourrait tout aussi bien se demander si le devoir d’un citoyen français ne serait pas de souffrir ou de mourir d’un cancer pour participer à la prospérité de l’économie nationale, à l’essor industriel et aux progrès de la recherche, de sorte qu’on mourrait presque avec autant de gloire et de misère dans les hôpitaux aseptisés que nos ancêtres dans la boue des tranchées. Le cancer deviendrait-t-il, lui aussi, patriotique ? La question peut choquer, mais elle a sa raison d’être. La France industrielle envoie chaque année sur le front du cancer près de 300 000 soldats, dont la moitié ne revient pas.  »

« Le fait est que l’éradication du cancer détruirait des milliers d’emplois. Des secteurs d’activités florissantes se trouveraient sinistrés, et toute une industrie du médicament, du soin, du dépistage et du diagnostic se verrait soudain oisive, désemparée et ruinée dans un monde sans cancer, un peu comme les marchands d’armes plongés dans une paix perpétuelle. »

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 » L’Occident malade est comme subjugué par les efforts qu’il déploie contre son plus intime ennemi : il admire ses hôpitaux comme ses palais, se flatte de ses chercheurs, devenus ses champions, défend ses médicaments, qu’il donne pour des blasons. Non, cette société n’est même plus cancérigène, elle est cancérophile. La tumeur maligne est intégrée à son programme. Mieux elle la traite, meilleure elle est. Quoi qu’il lui en coûte, elle continuera d’aimer le pétrole, les débroussaillants, les téléphones mobiles.

Dans le temps où tant d’efforts ôteront peut-être quelques-unes de ses proies au crabe malin, c’est par milliers que de nouveaux malades lui sont livrés chaque année en holocauste, comme les vierges au Minotaure. Pour un qui serait mort hier et qui survit aujourd’hui, combien passeront désormais sous son joug ? Au moment d’achever ce constat, la conviction que le cancer peut reculer doit pourtant rester la dernière, tant il est vrai que, si nous ne faisons pas partie de la solution, nous faisons déjà partie du problème.

Quel sens faut-il encore donner au sacro-saint « comportement individuel » quand le fléau s’étend à l’échelle d’une civilisation ? A mesure que les risques collectifs augmentent, respecter les conseils diététiques, fréquenter les salons « forme et bien-être » ou espérer les nouveaux médicaments miracles tend à l’absurde dans un monde où tout, jusqu’à l’air qu’on respire, devient toxique. Un personnage de Blade Runner ou de Soleil vert mordant un fruit bio dans un décor d’apocalypse n’a de place que dans une comédie. Certes, c’est la somme de nos renoncements qui donne au tableau toute sa cohérence, c’est aussi l’attitude de chacun qui pourrait infléchir le cours des choses. Mais lutter contre le cancer demande plus que des soins cosmétiques. Faut-il donc changer le monde pour faire reculer le cancer ? »

Geneviève Barbier et Armand Farrachi, La société cancérigène: Lutte-t-on vraiment contre le cancer ?, 2004,