Charlie Bauer et notre devoir d’insoumission

Un joli film dans lequel Charlie Bauer (mort il y a cinq ans jour pour jour, le 7 août 2011) évoque avec passion et sans reniement aucun sa vie d’insurgé.

Son engagement sans compromis pour la révolution, son refus de laisser le monopole de la violence et des armes à l’Etat, Charlie Bauer le paya de vingt-cinq années de prison – dont neuf dans les funestes QHS.

Pour les amis du désordre établi, Charlie Bauer fut un « voyou », un « bandit », un « voleur ». Drôle de voyou qui ne recherchait aucun profit personnel, drôle de voleur qui redistribuait ses larcins aux pauvres de son quartier ou s’en servait pour financer des groupes révolutionnaires…

Si à sa sortie de prison en 1988 il abandonne la guérilla et mène une vie un peu plus « normale », il n’en continue pas moins à militer, ne cessant jusqu’à sa mort de nous rappeler à notre devoir d’insoumission. Il aimait beaucoup citer ce vers de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ».

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La vraie violence, c’est celle du capitalisme et du profit-roi


La violence, ce n’est pas d’arracher une chemise à un directeur des « ressources humaines »… La violence, c’est de licencier des milliers de personnes juste pour faire du pognon, avec toutes les conséquences terribles que cela peut avoir pour ces derniers dans une société comme la nôtre : misère, exclusion, dépression, suicide, etc.
La violence, la véritable violence, elle n’est pas du côté des salariés qui expriment une colère légitime, elle est du côté des patrons et des actionnaires qui, par cupidité, par souci de rentabilité, sèment la misère et la souffrance à grande échelle. Une violence qui ne s’exprime pas seulement dans les licenciements, dans les délocalisations et le chômage de masse mais aussi dans la précarisation du travail, dans la dégradation et le durcissement des conditions de travail – un durcissement qui engendre maintes maladies, maintes souffrances psychiques (pensons aux troubles musculo-squelettiques ou encore au burn out) et de nombreux accidents (540 accidents mortels en 2013 en France !).
Les véritables voyous, on le voit, ce sont les capitalistes qui n’ont d’autre morale que l’argent, et non pas les salariés qui se défendent comme ils le peuvent.
Comme les 2900 salariés d’Air France concernés par le « plan social », tous ceux dont la vie est réduite à une simple variable d’ajustement ont le droit et même le devoir de se révolter.
Non seulement les «violences» commises par les salariés d’Air France ne sont pas condamnables, mais elles sont à saluer. Elles sont à saluer eu égard à ce qu’elles incarnent d’exemplaire et réjouissante rupture avec toutes nos habitudes serviles et masochistes.
La peur doit changer de camp. Il est temps de faire comprendre à tout ce beau monde qu’on ne peut pas semer la misère et le malheur impunément. Il est temps de leur faire comprendre qu’on ne peut pas humilier des êtres humains et prétendre en même temps au respect de sa personne. Les capitalistes ont à leur disposition une police et une «justice» pour nous intimider et nous faire marcher droit ; opposons-leur une force plus dissuasive encore : celle qui a la vérité et la justice avec elle, celle qui requiert une unité et une solidarité sans faille de notre camp, celle qui se déploie à travers nos luttes et nos mille et une bravoures, celle qui se nourrit sans cesse de notre intelligence et de notre inventivité.
Le caractère démentiel des réactions politiques et médiatiques, la brutalité de la riposte judiciaire et policière – des salariés rebelles menacés de trois de prison, et interpellés chez eux à six heures du matin, comme s’il s’agissait de dangereux criminels, pour être placés en garde à vue pendant plus d’une journée -, n’étonnera que ceux qui ignorent que nous sommes en guerre. Oui, c’est bien une guerre quotidienne que les riches et les capitalistes nous mènent pour s’assurer de notre dévouement à les servir et les enrichir. Oui, c’est bien une guerre qu’ils mènent pour se goinfrer toujours plus au détriment de notre droit à la vie et au bonheur. Oui, c’est bien une guerre qu’ils mènent pour démanteler tous nos acquis sociaux, qui sont pour eux autant d’inacceptables entraves à leurs criminelles ambitions. Oui, c’est bien une guerre dont il s’agit – une guerre économique, idéologique, psychologique bien davantage encore que policière et judiciaire. Le temps est venu d’en prendre conscience et d’enclencher la contre-offensive. Le temps est venu de reprendre l’offensive contre tous ceux qui, comme le patron d’Air France, se croient autorisés à briser la vie de milliers de gens et cachent à peine leur volonté d’en finir, entre autres choses, avec le droit de grève et l’interdiction du travail des enfants !

(texte mis à jour le 15 octobre)

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bousculage des patrons

La vraie violence n’est pas « celle des coups de poing »

« Qu’est-ce que la violence ? Pas seulement celle des coups de poing ou des coups de couteau des agressions physiques directes, mais aussi celle qui se traduit par la pauvreté des uns et la richesse des autres. Qui permet la distribution des dividendes en même temps que le licenciement de ceux qui les ont produits. Qui autorise des rémunérations pharaoniques en millions d’euros et des revalorisations du Smic qui se comptent en centimes.  »

Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, « La violence des riches : Chronique d’une immense casse sociale »

La violence des capitalistes « ne fait pas de bruit » mais c’est pourtant la plus terrible

« La violence c’est une chose grossière, palpable, saisissable chez les ouvriers : un geste de menace, il est vu, il est noté. Un acte de brutalité, il est vu, il est retenu. Une démarche d’intimidation est saisie, constatée, traînée devant les juges. Le propre de l’action ouvrière dans ce conflit, lorsqu’elle s’exagère, lorsqu’elle s’exaspère, c’est de procéder en effet par la brutalité visible et saisissable des actes. Ah ! Le patronat n’a pas besoin, lui, pour exercer une action violente, de gestes désordonnés et de paroles tumultueuses ! Quelques hommes se rassemblent, à huis clos, dans la sécurité, dans l’intimité d’un conseil d’administration, et à quelques-uns, sans violence, sans gestes désordonnés, sans éclat de voix, comme des diplomates causant autour du tapis vert, ils décident que le salaire raisonnable sera refusé aux ouvriers ; ils décident que les ouvriers qui continueront la lutte seront exclus, seront chassés, seront désignés par des marques imperceptibles, mais connue des autres patrons, à l’universelle vindicte patronale. Cela ne fait pas de bruit ; c’est le travail meurtrier de la machine qui, dans son engrenage, dans ses laminoires, dans ses courroies, a pris l’homme palpitant et criant ; la machine ne grince même pas et c’est en silence qu’elle le broie. (…) Tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité. »

Jean Jaurès dans un discours à l’Assemblée nationale, le 19 juin 1906.

Solidarité avec les Grecs en lutte ! A bas la dictature des banquiers !

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Solidarité avec les Grecs qui résistent courageusement aux charognards de l’UE et du FMI et à leurs injonctions et méthodes infamantes !

On veut nous faire croire que les Grecs auraient une dette à payer aux banques, qu’ils seraient responsables de la situation actuelle et qu’ils n’auraient donc pas d’autres choix que d’accepter encore et encore les sacrifices exigés par l’Union européenne et le FMI. On veut nous faire croire que les Grecs seraient des paresseux qui s’en seraient foutu plein les poches pendant des années et qu’il est bien normal qu’ils paient aujourd’hui leurs folies passées. On veut nous faire croire que le FMI, l’Union européenne ne seraient là-dedans que des bienfaiteurs et que les Grecs devraient être heureux qu’ils viennent les aider à payer « leur » dette.

La vérité c’est que l’on nous fait prendre pour une dette ce qui n’est qu’un racket organisé. La vérité c’est que cette « dette » n’est pas celle des Grecs mais le fruit de magouilles politico-bancaires et qu’elle n’est qu’un prétexte depuis 2010 à une politique de régression sociale, de saccage des solidarités et des services publics… Une politique qui n’a imposé de sacrifices qu’aux pauvres et a toujours épargné les plus riches. Une politique qui a eu pour conséquences l’explosion de la misère, de la malnutrition, de la mortalité infantile, du nombre de suicides… Des vies détruites, des conditions de vie dégradées, une catastrophe humanitaire, un peuple humilié, tout cela uniquement pour assouvir la cupidité de banquiers, tout cela uniquement pour remplir les poches de banquiers déjà plus que pleines !

Une politique malfaisante, criminelle que ces prédateurs déguisés en bienfaiteurs voudraient encore accentuer malgré le choix démocratique que les Grecs ont fait en janvier dernier (entre autres choses, ces salauds-là réclament une baisse des petites pensions et une augmentation de la TVA, autant dire des mesures qui rendraient encore plus difficile la vie des Grecs les plus pauvres). Une politique malfaisante, criminelle contre laquelle les Grecs (et leur premier ministre en tête) osent se rebeller, ce qui a le don d’agacer ces racailles en cravates qui redoublent d’ignominies et sont prêts aujourd’hui à asphyxier complètement la Grèce et à y installer la panique totale pour discréditer Syriza et obtenir l’obéissance et la résignation. Organiser un référendum pour que les Grecs puissent décider eux-mêmes s’ils acceptent ou non le plan du FMI et de la Commission européenne ? In-sup-por-ta-ble pour les Juncker, Merkel, Hollande et compagnie qui considèrent que ce sont aux banquiers de régenter nos vies.

Insistons bien là-dessus : ce qui se passe en Grèce depuis cinq ans n’est pas une « crise » mais une guerre menée par les banquiers, les capitalistes et l’ensemble des plus riches : une guerre de pillage, une guerre contre les pauvres, une guerre contre la prétention du peuple grec à disposer librement de son destin. Ce qui se passe en Grèce c’est aussi l’affrontement de deux visions du monde inconciliables : celle qui subordonne tout à la cupidité de quelques-uns contre celle, au contraire, où la dignité et l’épanouissement de chacun prévalent sur les caprices de quelques mafieux.

Les jours qui vont suivre, jusqu’au référendum du 5 juillet, seront décisifs. Les charognards vont exercer une pression terrible sur les Grecs, ils vont tout faire pour briser la résistance grecque et au-delà l’espoir dans un changement global de société, celui qu’incarnent notamment (certes à un degré modeste) Syriza ou encore Podemos en Espagne. Ils veulent faire de la Grèce un exemple, pour montrer ce qu’il en coûte de s’insurger, pour nous rentrer dans la tête qu’il n’y a pas d’alternative possible au monde tel qu’il est. Mais que les Grecs tiennent bon et ce serait assurément un tournant majeur pour les luttes sociales en Europe.

Bref, plus que jamais, il est important, crucial de montrer notre solidarité avec les Grecs en lutte, de relayer la vérité sur ce qui se passe là-bas et d’exercer la pression la plus forte sur nos gouvernants ! Plus que temps aussi de rejoindre la lutte en question, la lutte contre toutes ces crapules qui saccagent nos existences pour le pognon, la lutte pour rendre ce monde enfin vivable !

serrer la ceinture grèce

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« LUTTER CONTRE LA RESIGNATION, C’EST D’ABORD LUTTER CONTRE LA DESINFORMATION

Cette semaine, la lutte dans l’opinion publique s’annonce cruciale et décisive, face au rouleau-compresseur des médias dominants.

N’hésitez pas à vous emparer du petit film ci-dessous (dix minutes) pour rétablir la vérité, notre vérité, et montrer la situation réelle et la dynamique de résistance en Grèce et en Espagne.

En effet, il est très important de montrer que ce qui se passe cette semaine n’est pas seulement le problème de la Grèce.

Pour que souffle le vent du sud, aussi loin que possible, contre la résignation. »

« C’EST LE MOMENT OU JAMAIS, POUR TOUTES CELLES ET CEUX QUI SOUTIENNENT NOTRE RÉSISTANCE EN EUROPE ET AILLEURS, DE LE MONTRER DE TOUTES LES FAÇONS POSSIBLES JUSQU’AU DIMANCHE 5 JUILLET.

Créez, luttez, soyez inventifs. Faites circuler vos photos, vidéos, chansons, actions, messages… Partagez-les ici et ailleurs, autant que possible.

C’est maintenant que ça se joue, non pas seulement pour la résistance grecque, mais aussi, bien au-delà, pour l’imaginaire social de tout un continent.

NOUS AVONS UNE SEMAINE POUR DONNER UN SIGNAL FORT ET SORTIR DES MILLIONS DE PERSONNES DE LA RÉSIGNATION. »

Yannis Youlountas

http://jeluttedoncjesuis.net/

 

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« L’euro ou la haine de la démocratie » (article de Frédéric Lordon publié ce lundi 29 juin)

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A propos de la crise humanitaire provoquée par les politiques d’austérité en Grèce, cet article du Secours populaire : https://www.secourspopulaire.fr/crise-humanitaire-en-grece

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Discours prononcé par Alexis Tsipras, Premier ministre grec, à la télévision, le 26 juin 2015 :

Citoyens grecs,
Au cours des six derniers mois, le gouvernement grec a mené une bataille sous une asphyxie économique sans précédent, dans le but d’appliquer le mandat que vous lui avez donné le 25 janvier.
Le mandat de négocier avec nos partenaires pour arriver à mettre un terme à l’austérité et pour faire revenir dans notre pays la prospérité et la justice sociale.
Pour un accord durable qui respectera la démocratie, les règles européennes, et qui conduira à une sortie définitive de la crise.
Durant les négociations, il nous a été demandé de manière répétitive de mettre en œuvre les politiques du mémorandum que les précédents gouvernements avaient accepté, en dépit du fait que ce mémorandum avait été condamné sans équivoque par le peuple grec lors des récentes élections.
Nous n’avons jamais envisagé d’abandonner – pas même pendant un instant. Ni de trahir votre confiance.
Après cinq mois d’âpres négociations, nos partenaires ont soumis une proposition-ultimatum à la rencontre de l’Eurogroupe, menaçant la démocratie et le peuple grec.
Un ultimatum qui contrevient aux principes et aux valeurs qui ont fondé l’Europe. Les valeurs de notre projet européen commun.
Il a été demandé au gouvernement grec d’accepter une proposition qui ajoutera un poids insupportable sur les épaules du peuple grec, et qui minera le rétablissement de l’économie et la société grecques – pas seulement en alimentant l’incertitude, mais aussi en aggravant les inégalités sociales.
La proposition des institutions inclut des mesures qui vont augmenter la dérégulation du marché du travail, les coupes dans les pensions de retraite, et inclut de nouvelles réductions de salaires le secteur public – mais aussi une augmentation de la TVA sur la nourriture, les restaurants et le tourisme, tout en éliminant les exonérations d’impôts sur les îles grecques.
Ces propositions – qui violent directement les acquis sociaux européens et les droits fondamentaux à travailler, à l’égalité et à la dignité – prouvent que certains partenaires et membres des institutions ne veulent pas trouver un accord viable qui bénéficierait à toutes les parties, mais cherchent plutôt l’humiliation du peuple grec.
Ces propositions illustrent principalement l’insistance du FMI pour des mesures d’austérité sévères et punitives. Il est maintenant temps pour les pouvoirs dirigeants européens de se montrer à la hauteur de l’occasion et de prendre l’initiative pour mettre un terme définitif à la crise grecque, une crise qui affecte également d’autres pays européens, en menaçant le future proche de l’intégration européenne.
Citoyens grecs,
Nous faisons face à la responsabilité historique de ne pas laisser les luttes et les sacrifices du peuple grec rester vains, et de renforcer la démocratie et notre souveraineté nationale – cette responsabilité pèse sur nous.
Notre responsabilité pour le futur de notre pays.
Cette responsabilité nous oblige à répondre à l’ultimatum sur la base de la volonté souveraine du peuple grec.
Plus tôt ce soir, le Conseil des ministres était convoqué et j’ai proposé d’organiser un référendum afin que le peuple grec puisse décider.
Ma proposition a été unanimement acceptée.
Demain, le Parlement tiendra une session extraordinaire pour ratifier la proposition du Conseil des ministres pour qu’un référendum soit mis en place dimanche prochain, le 5 juillet. La question posée sera de savoir si la proposition des institutions doit être acceptée ou rejetée.
J’ai déjà informé le président français, la chancelière allemande et le président de la BCE de ma décision ; demain, je demanderai aux leaders de l’UE et des institutions une courte extension du programme – en cours d’écriture – pour que le peuple grec puisse décider sans pression et sans chantage, comme il l’est disposé dans la Constitution de notre pays et dans la tradition démocratique européenne.
Citoyens grecs,
Je vous appelle à choisir – avec la souveraineté et la dignité que l’Histoire grecque exige – si nous devons accepter l’exorbitant ultimatum qui appelle à une stricte et humiliante austérité sans fin, et qui ne donne aucune perspective de pouvoir un jour nous tenir debout sur nos deux pieds, socialement et financièrement.
Nous devrions répondre à l’autoritarisme et l’austérité sévère par la démocratie – dans le calme et la fermeté.
La Grèce, lieu de naissance de la démocratie, devrait envoyer un retentissant message démocratique aux Européens et à la communauté mondiale.
Et je m’engage personnellement à respecter la conséquence de votre choix démocratique, quel qu’il puisse être.
Je suis absolument certain que votre choix fera honneur à l’Histoire de notre pays et enverra un message de dignité à travers le monde.
Dans ces temps critiques, nous allons devoir rappeler que l’Europe est la maison commune de tous ses peuples.
Qu’en Europe, il n’y a ni propriétaires, ni invités.
La Grèce est et restera une partie intégrante de l’Europe, et l’Europe une partie intégrante de la Grèce.
Mais une Europe sans démocratie sera une Europe sans identité et sans boussole.
Je vous appelle tous à agir avec sang-froid dans l’unité nationale et à prendre une décision digne.
Pour nous, pour les générations futures, pour l’Histoire grecque.
Pour la souveraineté et la dignité de notre pays.

Contre-information sur la situation en Grèce (Yannis Youlountas)

L’ANALYSE DE YANNIS (EN 28 MINUTES) SUR LES DESSOUS DU BATTAGE MÉDIATIQUE SUR LA GRÈCE, CETTE SEMAINE.
En particulier :
1 – Situation réelle et perspectives.
2 – Pourquoi les négociations vont aboutir.
3 – Pourquoi la dette finira par être annulée.
4 – Pourquoi le Grexit pourrait intervenir en octobre.

L’entretien date de ce lundi 22 juin. Des infos et analyses plus récentes sur l’avancée des négociations sont disponibles sur le site de Yannis Youlountas dédié à son nouveau film : http://jeluttedoncjesuis.net/

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Jeudi 25 juin 2015, 15h.

Comment les arguments économiques et financiers sur la Grèce, relayés quotidiennement par les médias dominants, ne servent que de prétextes à un processus politique et idéologique aux conséquences dramatiques.

LES TYRANS QUE NOUS AVONS EN FACE DE NOUS,
À BRUXELLES ET AILLEURS, NE SONT PAS DES GESTIONNAIRES AVEUGLES,
MAIS DES ASSASSINS QUI SAVENT PARFAITEMENT CE QU’ILS FONT.

Pour faire simple et court : pourquoi la BCE et le FMI ont-ils racheté la quasi-totalité des dettes de la Grèce ? A la fois pour faire des cadeaux, comme d’habitude*, aux banques privées (principalement françaises et allemandes, dont certaines ont réussi à faire de grosses plus-values malgré la crise financière), mais aussi et surtout pour prendre pleinement le contrôle de la situation et faire de la « crise grecque » une affaire purement et totalement politique et idéologique.

Oubliez un peu les arguments économiques et financiers dont parlent tant les médias dominants. Certes, ils existent, bien sûr, mais ils ne sont pas le motif principal de ce qui se déroule sous nos yeux.

Dans ce qui se passe à Bruxelles, tous les arguments économiques et financiers ne servent que de prétextes à un processus politique et idéologique aux conséquences dramatiques, qui s’amplifie quotidiennement partout en Europe, à des vitesses différentes, et qui essaie, simultanément, de piéger et de tuer tous les espoirs alternatifs qui s’expriment intensément et diversement en Grèce.

Le revolver qu’on nous met sur la tempe est politique. Disons-le sans détour : les tyrans que nous avons en face de nous, à Bruxelles et ailleurs, ne sont pas des gestionnaires aveugles, mais des assassins qui savent parfaitement ce qu’il font.

Un jour viendra où il faudra organiser un nouveau Tribunal de Nuremberg, qui s’appellera peut-être le TRIBUNAL DE BRUXELLES, POUR JUGER TOUS LES CRIMES DU CAPITALISME, notamment néolibéral, et mettre hors d’état de nuire leurs auteurs et leurs complices.

800 millions d’êtres humains souffrent officiellement de la faim dans le monde et deux milliards sont en sous-nutrition**. Innombrables sont les victimes chaque jour, dont beaucoup d’enfants. Des milliards de vies sont diversement ravagées ou réduites en esclavage.

Vienne le temps de dire non. Le temps des cerises. Le temps de vivre.

Y.Y.

* Par exemple, comme Sarkozy l’a fait en France lors de la crise des subprimes (cf. Lordon et Mordillat : « le grand retournement »).
** Nouveaux chiffres de la FAO, datant d’il y a une semaine

ZAD de Sivens : la lutte n’est pas finie !

La ZAD de Sivens trois jours après expulsion, 09 mars 2015

« Sivens, pas plus que les autres Zad, ce n’est pas fini. Le mouvement des Zad est un enjeu crucial de l’époque, et le courage de ceux qui s’opposent aux destructeurs du monde est exemplaire. »

« Depuis des mois, à Sivens, zadistes et associations tentent d’alerter sur les collusions entre le pouvoir politique, l’agrobusiness et le maintien de l’ordre. Après l’homicide par la gendarmerie, en octobre dernier, d’un jeune écologiste, Rémi Fraisse, les occupants de la Zad et les opposants au projet de barrage ont subi, au quotidien, les agressions des pro-barrages organisés en véritables milices, sous l’oeil passif des « forces de l’ordre »

Expulsés de la zone à défendre puis des communes environnantes, zadistes et militants n’en ont pas pour autant disparu. C’est là une des forces des Zad. Insaisissables, elles peuvent se désagréger sans dommage, pour se recomposer dans un autre espace temps. »

« Après la décision du Conseil Général du Tarn de construire un barrage sensiblement similaire au projet initial, la lutte est loin d’être finie pour les opposants. Et la « deuxième mi-temps » pourrait reprendre avec le « Printemps de Sivens », deux jours de mobilisation populaire attendus les 25 et 26 avril.

Comment voient-ils la situation ? Comment envisagent-ils la suite ? Rencontres avec des militants, trois jours après leur expulsion de la zone à défendre.

http://reporterre.net/Les-zadistes-de-Sivens-Rien-n-est

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« Sivens, pas de barrage », un petit film qui revient sur les motifs de la lutte et sur la violence injustifiable dont ont fait preuve l’Etat et sa police à l’égard des opposants – qui a coûté la vie à Rémi Fraisse -, et qui défend la nécessité de désobéir aux projets injustes et destructeurs.

« Retournez les fusils ! » : Jean Ziegler appelle à l’insurrection contre ce capitalisme financier qui assassine un enfant tous les cinq secondes

Ancien rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler est aujourd’hui vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme. Dans « Retournez les fusils! Choisir son camp », réédition fortement remaniée d’un ouvrage paru en 1980, il appelle à l’insurrection des consciences contre les capitalistes et leur « ordre cannibale » qui tuent un enfant tous les cinq secondes et maintiennent un milliard d’êtres humains dans la sous-alimentation.

« Nous vivons sous la dictature du capital financier globalisé. Selon la Banque mondiale, en 2013, les 500 sociétés privées transcontinentales les plus puissantes, tous secteurs confondus, ont contrôlé 52,8% du produit mondial brut, c’est-à-dire de toutes les richesses produites en une année sur la planète. Ces « gigantesques personnes immortelles », comme les appelle Noam Chomsky, échappent à tout contrôle étatique, syndical, social, etc. Elles fonctionnent selon un seul principe : celui de la maximalisation du profit dans le temps le plus court. Elles imposent à la planète un ordre cannibale : toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim ; presque 1 milliard d’êtres humains sont mutilés par une sous-alimentation grave et permanente. » *

« Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils. » *

« Le rapport annuel de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) estime que l’agriculture mondiale pourrait aujourd’hui nourrir normalement 12 milliards d’humains, presque le double de l’humanité. Au seuil de ce nouveau millénaire, il n’y a plus aucune fatalité, aucun manque objectif. La planète croule sous la richesse. Un enfant qui meurt de faim est assassiné. Il n’est pas la victime d’une « loi de la nature » ! » *

Jean Ziegler