Notre système monétaire : un système d’exploitation au profit des banques privées (Gérard Foucher)

Ce sont les banques privées qui créent la monnaie et qui s’arrogent donc un pouvoir gigantesque sur nos existences

« Aussi incroyable que cela puisse paraître quand on l’entend pour la première fois, notre monnaie commune, indispensable pour que l’économie puisse fonctionner, n’est pas créée par l’État, ni par une Banque Centrale.
La monnaie, toute la monnaie que nous utilisons tous les jours pour nos échanges, est créée et distribuée par le réseau des banques commerciales à chaque fois qu’une banque accorde un crédit à quelqu’un.  (…) Cette pratique fait que chaque centime de monnaie est en réalité une dette qui circule pour les échanges de tous. Ce qui fait que chaque centime de monnaie est soumis à un intérêt. Cette rémunération remonte en permanence au système bancaire et occasionne une perte sèche de richesse pour l’ensemble de la société, sauf bien sûr pour ceux qui la perçoivent. »

Gérard Foucher (source)

Notre système monétaire : un instrument d’extorsion de la richesse créé par tous au profit des banques privées

« La monnaie étant donc, dans ce système, une dette détenue par le secteur bancaire, elle est soumise au prélèvement d’un intérêt. Toute la monnaie en circulation est soumise au prélèvement d’un intérêt. Personne ne peut y échapper.
L’intérêt est d’abord payé par tous les clients qui ont contracté un crédit auprès d’une banque et qui ce faisant ont assuré l’émission monétaire. Ensuite, tout le monde achète des biens et des services. Or les intérêts que les entreprises sont obligées de payer sur leurs besoins de financements sont intégrés dans les prix. Donc tout le monde paye tout un peu plus cher.
Enfin, l’État est obligé lui aussi d’emprunter pour financer ses dépenses, toujours excessives, et les intérêts de ses déficits précédents. Ces coûts constituent une grande partie des impôts obligatoires (l’équivalent en France de la totalité de l’impôt sur le revenu !).
Tout le monde est donc obligé de contribuer au paiement des intérêts de ceux qui ont emprunté au départ, entreprises, particuliers ou État.
Du simple fait que nous utilisons pour comptabiliser nos flux des unités monétaires payantes, l’ensemble de l’économie (particuliers, entreprises et État) est obligé de payer et de faire payer absolument tout, à un coût supérieur à la réalité commerciale.
De ce simple fait, le secteur bancaire reçoit sous la forme de l’intérêt monétaire une rente infinie, éternelle et permanente sur l’ensemble des transactions et des opérations d’échange effectuées par l’ensemble de l’économie publique et privée. On comprend dès lors pourquoi tous les plus beaux immeubles de la terre, et bien d’autres richesses, sont détenus par des banques.
Il est vrai qu’une partie de cette rente est redistribuée par le secteur bancaire, sous la forme de paiements : le secteur bancaire par exemple, paye des intérêts aux épargnants qui ont la « chance » d’avoir un peu plus de monnaie que les autres ; il effectue des achats, fait des dépenses ; il se redistribue de l’argent à lui-même sous la forme des rémunérations et des bonus à la hauteur de l’énormité des gains réalisés.
Mais d’un point de vue macro-économique, c’est l’économie toute entière qui paye, et le secteur bancaire seul qui encaisse.

Or, d’un point de vue mathématique, puisque
: 1. toute la partie négative de la monnaie (« La Dette » qui est la contrepartie de la masse monétaire positive en circulation) est soumise à un intérêt permanent, et que
2. il est impossible de laisser diminuer la masse monétaire faute de créer immédiatement un blocage des transactions, et que donc il est indispensable de conserver la partie négative intacte autant que possible,
alors, il est impossible de diminuer « La Dette ».
En conséquence, puisque les intérêts s’additionnent, se composent, s’accumulent pour payer les intérêts précédents d’une dette qui ne peut pas diminuer, alors le niveau d’endettement ne peut que mécaniquement augmenter. Le système monétaire actuel représente donc une véritable subvention progressive, cumulative et perpétuelle au profit d’un secteur bien particulier de l’économie, au détriment de tous les autres. »

G. F., (« 15 bonnes raisons de s’intéresser à la monnaie »)

Notre système monétaire : un système qui pousse à la cupidité et à la guerre de tous contre tous

« Dans un système où la monnaie ne peut être créée qu’avec de la dette payante, il faut en permanence des nouveaux crédits pour payer les intérêts des crédits précédents. Il n’y aura donc jamais assez de monnaie dans l’économie pour payer à la fois la dette et les intérêts en cours.
On peut dire que pour parvenir à payer la dette et les intérêts de la dette, il faut :
– soit emprunter encore plus pour payer les intérêts de la dette (« rouler la dette » : c’est ce que font les gouvernements)
– soit piller l’économie et la planète pour trouver assez de monnaie pour rembourser les crédits et les intérêts en cours. Comme tout le monde a besoin de monnaie, tout le monde cherche à vendre et à exporter (d’où la concurrence aveugle entre pays, entre entreprises, entre personnes)
– soit réussir à gagner plus que les autres pour payer ses propres intérêts et ses propres impôts (d’où la concurrence féroce entre tous, pour les rares emplois, pour les emplacements commerciaux, pour les « bonnes places » : d’où la corruption, les passe-droits et les pots-de-vin). Ça peut marcher pour certains (c’est la « sélection naturelle » !). Les autres resteront sur le carreau.
– soit que de nouveaux emprunteurs arrivent pour créer la monnaie qui permettra de payer les intérêts des crédits précédents (d’où la nécessité de croissance).
Quoi qu’il en soit, ce système crée une insuffisance permanente et structurelle de monnaie qui ne peut pas engendrer autre chose que des comportements de survie individuelle, de manque, de concurrence féroce et de rapacité.
L’Être humain étant une espèce dont la qualité principale est l’adaptabilité, on peut facilement comprendre, et de nombreuses études scientifiques le prouvent (…), que des règles du jeu reposant sur le manque et l’inégalité engendrent des comportements offensifs, égoïstes et usurpatoires.
Dans un tel monde, c’est toi ou moi. Si je ne parviens pas à prendre ce qu’il me faut pour satisfaire à mes engagements, c’est toi qui me prendra tout ! Quand on parle d’argent, c’est du sérieux.
Le fait de mesurer les échanges avec un outil monétaire toujours plus rare et privateur brise les liens que le crédit mutuel ancien, toujours disponible et facile à créer, perpétuait et renforçait (…). Désormais, même en famille, les rapports sont altérés, et l’expression « régler ses comptes » prend tout son sens. »

G. F., (« 15 bonnes raisons de s’intéresser à la monnaie »)

Notre système monétaire : un système qui rend les riches toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres

« Dans un tel système :

La distribution du pouvoir d’achat est inéquitable par construction. En effet, plus on est « riche », plus l’accès au crédit est facile et bon marché (pensez « gros projets », « immobilier », et « multinationales »), et plus on est « pauvre », plus l’accès au crédit est difficile et cher (pensez « découvert », et « agios »…).
De plus, dans un tel système, ce sont par définition les gens qui ont plus de monnaie que la moyenne qui reçoivent le plus gros des intérêts, et ce sont les gens qui ont moins de monnaie que la moyenne qui payent les intérêts. Dans un tel système, les plus riches s’enrichissent, et les plus pauvres s’appauvrissent.

La monnaie-dette est donc un système parfaitement efficace de redistribution des richesses du bas vers le haut.
D’où la nécessité absolue de mettre en place des mécanismes de compensation comme les impôts ou les cotisations sociales. Mais ces prélèvements ne sont, au mieux, que des flux inverses au prélèvement principal qui s’exerce en amont. »

G.F (source)

Notre système monétaire : un système esclavagiste

« Une situation d’esclavage s’établit dès lors que deux conditions sont réunies :
1. un être humain dispose d’un droit de vie ou de mort sur un autre
être humain, alors nommé « esclave »
2. l’esclave ne peut pas s’échapper sous peine de mort.

(…)Les deux conditions ci-dessus existent aujourd’hui, alors même que l’instrument de l’esclavage n’est pas le fouet ni le fusil, mais la monnaie. Les « maîtres » étant les détenteurs du pouvoir monétaire, les « esclaves » étant tous les autres.
Peut-on se soustraire à ce système pour éviter d’en devenir victime ?
Il faudrait pour cela pouvoir disposer du temps de vie et des moyens nécessaires pour satisfaire les besoins vitaux : nourriture, sécurité, abri, et cela sans avoir besoin de recourir à la monnaie. Pour les moyens, il faudrait donc pouvoir cultiver son propre jardin, se regrouper pour se protéger et pour construire ses propres habitations… Mais pour cela, il faudrait pouvoir trouver des terrains libres et des ressources libres dont personne ne serait encore propriétaire, ce qui est impossible compte-tenu des règles régissant le droit de propriété et de la quasi-universalité de leur application. Cette situation met les candidats à l’émancipation dans l’obligation de disposer de monnaie pour acquérir les lieux et les moyens de vivre sans monnaie, ce qui est une contradiction irréductible. Par ailleurs, le temps de vie qui serait nécessaire pour faire tout cela est lui-même accaparé par la nécessité vitale de trouver de la monnaie pour satisfaire les besoins vitaux.

Sans monnaie, pas de vêtements, pas de toit, pas d’eau, pas de nourriture. Sans monnaie, on meurt. Or, pour l’immense majorité des humains, il n’est pas possible, ou strictement interdit, de créer la monnaie indispensable pour vivre.
Seuls certains humains, après en avoir revendiqué et obtenu le monopole par la Loi, disposent de ce privilège.

Pour la plupart des humains, il faut donc, pour avoir le droit de rester en vie, se soumettre à ceux qui produisent de la monnaie, c’est-à-dire à ceux qui ont le pouvoir d’en créer.
Conclusion :
Étant donné que : d’une part le système monétaire actuel confie le pouvoir exclusif de créer la monnaie à certains humains et pas à d’autres, et que d’autre part le fait de disposer ou non de monnaie détermine la possibilité, ou non, d’accéder aux moyens d’assurer les besoins vitaux, alors :
1. Le pouvoir de créer la monnaie est un pouvoir de donner la vie ou de la refuser, ce qui est précisément la définition de l’esclavage (…).
2. Les humains ne disposant pas du pouvoir de créer la monnaie ne peuvent pas s’échapper de ce système sans risquer de perdre leur propre vie.
Donc à la question : « Le système monétaire actuel est-il un système esclavagiste ? », nous pouvons répondre : « Oui. » »

G. F., (« 15 bonnes raisons de s’intéresser à la monnaie »)

Quelles solutions ?

« La solution va prendre du temps à se mettre en place, parce qu’il faut ménager des intérêts extrêmement puissants, mais ce qu’on peut imaginer, c’est que petit à petit, avec le temps, on reprenne peu à peu le privilège de la création monétaire au secteur bancaire et qu’on le redonne non pas à l’État ni aux politiciens, mais directement à la société civile, c’est-à-dire aux citoyens, et là, on peut se dire :

Pourquoi ne déciderions-nous pas d’appliquer le fameux principe de subsidiarité, qui veut qu’à chaque échelle de responsabilité, une communauté donnée puisse avoir les moyens de mettre en oeuvre les décisions qui la concernent ? Décision nationale : État. Décision régionale : région. Communale : commune…

Pourquoi ne pas aller au bout du raisonnement et se demander quel serait, dans une société humaine, le niveau le plus fin possible de subsidiarité : la réponse est évidente, c’est l’être humain, l’individu, la personne humaine.

Et pourquoi ne pas donner à chaque citoyen et à chaque citoyenne le droit de décider librement, en son âme et conscience, ce qu’il ou elle veut vraiment financer ou ne pas financer ?

Pourquoi ne pas adopter la solution la plus logique, la plus équitable, et qui en plus est parfaitement conforme aux valeurs de la France :

Donner régulièrement à chaque citoyen, de manière individuelle, inconditionnelle et universelle, sa propre part de monnaie commune.

Libre à lui ou à elle, de l’utiliser comme bon lui semble : dépenser, épargner, rembourser une dette, ou financer librement et volontairement, seul ou à plusieurs, à cent, à mille ou à dix millions, les projets qu’il ou elle jugera bon de financer pour son avenir et l’avenir de ses enfants. De l’énergie nucléaire ou des énergies renouvelables, un sauvetage des banques ou une transition écologique, une guerre ou une économie sociale et solidaire ?

Voilà la véritable démocratie : la démocratie économique. Chaque décision d’achat, d’investissement, de financement devient l’expression du droit de vote économique de chacun.

Voilà la véritable Liberté, la véritable Égalité, qui nous permettra d’aller, espérons-le, vers une véritable Fraternité. »
G. F. (source)

*

Lire aussi : « Gérard Foucher : un dividende universel pour une monnaie égalitaire »

*

 

Gérard Foucher est un citoyen engagé. Il a publié en 2012 « Les secrets de la monnaie – changer la monnaie pour changer le monde ». « 15 bonnes raisons de s’intéresser à la monnaie» en constitue une version allégée et gratuite.

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